Introduction à la Vie dévoie. II* partie, ch. xv
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tée : « Saint Augustin exhorte et conseille bien fort que « l'on communie tous les dimanches ; faites-le donc tant <f qu'il vous sera possible, puisque, comme je le présup- « pose, vous n'avez nulle sorte d'atfection au péché mortel, « ni aucune affection au péché véniel. » Saint François de Sales demande donc, pour la communion hebdomadaire, que l'on n'ait aucune affection même au yjéché véniel. Il n'exige pas que l'on n'en commette pas, il demande qu'on n'y ait aucune affection, ce qui est bien différent.
Ne sont-elles pas rares les âmes qui remplissent les conditions réclamées par saint François de Sales ?
Ce directeur si éclairé appliquait ces principes aux âmes que Dieu lui avait confiées et qu'il éleva si haut dans la perfection. Jusqu'en l'année 1606, il ne permit la communion qu'une fois par semaine à Madame de Chantai quoiqu'elle eût le don des miracles depuis 1601 ; ce ne fut qu'à partir de 1606 qu'il lui accorda la permission de communier le jeudi aussi (1).
N'y a-t'il pas aujourd'hui grand nombre d'âmes, moins saintes que madame de Chantai et qui communient plus souvent ?
Loin de nous la pensée de blâmer les directeurs moins sévères que saint François de Sales ; cependant sa doctrine et sa conduite donnent à réfléchir. Le vénérable Barthélémy des Martyrs, un des plus pieux évêques de son temps et l'une des lumières du concile de Trente, s'abstenait de célébrer la sainte messe régulièrement un jour de chaque semaine.
Aujourd'hui, cela serait taxé de tiédeur.
Gomment concilier des doctrines et des pratiques en
i. Vabbé Bougaud, 2® édit., page 27?.
apparence si opposées? Saint Thomas va nous l'apprendre (1).
Suivant les attraits particuliers de la grâce, les fidèles obéissent à deux mouvements : l'amour pousse les uns à communier souvent, le respect porte les autres à s'abstenir.
Une àme peut communier tous les jours si elle retire des fruits de salut de la communion quotidienne et si le Saint Esprit lui fait la grâce inestimable de n'avoir aucune atfection au péché véniel ; les mêmics principes sont applicables à la communion hebdomadaire. Mais les personnes qui n'ont pas cette délicatesse exquise de conscience feront mieux de communier plus rarement.
Leur àme souffrira, dit-on, si on les prive du plus grand moyen de sanctification que Dieu ait mis à notre portée. Les plus faibles ont, plus que les autres, besoin d'être fortifiés, et c'est les exposer que ne pas les admettre à la communion fréquente.
Je réponds que cette doctrine a le tort de n'envisager qu'un côté de la question : le besoin des âmes, et de négliger un point de vue qui a cependant son importance: le respect suprême dû à la Sainte Eucharistie.
Pour peu que l'on pressât le principe que nous combattons, on arriverait à d'étranges conséquences.
La doctrine la plus sage et la plus conforme à l'esprit des saints se réduit, selon nous, aux trois propositions suivantes.
1*^ La communion quotidienne doit être accordée fort rarement.
2<^ La communion fréquente, peut-être fortement con-