‹ La doctrine spirituelle de St. Thomas d'AquinChapitre 128 sur 297 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

LA FAIBLESSE DE L'AME ET LE PÉCHÉ EiN GÉÎSÉRAL.

Nous venons d'étudier Dieu en lui-même ; nous nous sommes agenouillés devant la personne adorable de Notre-Seigneur Jésus-Christ et nous nous sommes désaltérés à cette source d'eau vive qui, descendue du Calvaire, fait circuler, par les canaux des sacrements, la sève surnaturelle dans les veines de l'Église. Tous ces moyens ne sutiisent-ils pas pour faire de nous des chrétiens parfaits? Avec la connaissance de Dieu, les exemples de Jésus-Christ et la grâce des sacrements, ne pouvons-nous pas réaliser ces belles paroles du psalmiste : Bienheureux l'homme dont Dieu est le secours, il dispose son âme aux

ascensions divines et il s'avance de vertus en vertus (i). f.e Dieu des vertus est avec nous (2) par la simitude de nature en la personne de Notre-Sei{?neur ; il y est par la foi et par la p^ràce qui transfigure notre âme ; il est le véritable Emmanuel qui ne nous quitte jamais : que faut-il davantage pour nous faire atteindre les plus sublimes sommets de la vertu ? Sans doute, si Jésus-Christ régnait seul sur notre âme, si aucun ennemi ne lui disputait l'empire, si notre cœur était toujours docile aux inspirations d'en haut, nous serions facilement épris de la beauté de la vertu dont l'accomplissement deviendrait le but unique de notre vie. Mais l'ivraie a été semée dans le champ du père de famille, elle a germé à côté du bon grain et menace de l'étouffer : Satan et Jésus-Christ, la nature et la grâce, les orages des passions et le souffle de l'esprit de Dieu se disputent notre âme. Tout le travail de la vie intérieure consiste à arracher l'ivraie d'abord et à cultiver ensuite le bon grain qui se développe sous la douce rosée du ciel.

Mais l'ivraie est une plante vivace; elle a de profondes racines, elle reparaît aussitôt que le laboureur fatigué cesse de veiller, car, depuis qu'il a été dit que la terre ne produirait que des ronces et des épines (3) notre cœur est une terre maudite, bien plus fertile hélas ! en fruits empoisonnés que favorable à l'épanouissement de l'arbre de vie.

Avant d'entrer dans l'examen de chaque péché en particulier, jetons un coup d'œil sur la faiblesse générale de l'âme humaine, cette étude nous fera concevoir une

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