Genèse, m
grande défiance de nous mêmes et nous préparera de loin à cette vertu de l'humilité, sans laquelle la vie intérieure n'est qu'une illusion.
N'a-t-on pas le droit de s'étonner que le chrétien soit si faible dans la pratique de la vertu, lui qui est éclairé des lumières de la foi, qui a sous les yeux la vie et la mort de Jésus-Christ, qui est intimement convaincu de la laideur du péché et de la beauté de la vertu, et qui ne doute pas plus de la sévérité des jugements de Dieu (}ue de la grandeur des récompenses promises? Cet étonnement prouverait que l'on a compté sans la faiblesse native de l'àme humaine.
Pour la comprendre, dit Saint Thomas (1), prenons comme exemple les infirmités physiques. Le corps est malade lorsque l'économie générale est troublée, lorsque l'harmonie n'existe plus entre les divers éléments dont l'équilibre constitue la santé et que l'un d'eux prend, aux dépens d'un autre, un trop grand développement. Il en est de même de la santé morale, qui résulte de la suprématie de la raison, tenant à la place qui lui est assignée chacune des affections humaines ; mais si l'une d'elles s'insurge contre la raison et n'accepte plus le rôle qu'elle est appelée à remplir, l'àme est prise d'un malaise qui l'aHaiblit. Ce sont ces affections appelées passions qui, le plus souvent, secouent le joug de la raison ; aussi on dit que l'homme agit par faiblesse quand il se laisse entraîner par la passion.
Dire que la lumière de la raison et, s'il s'agit du chrétien, que la lumièire de la foi sont une digue infranchissable devant laquelle la passion s'arrête toujours, c'est