de Malo, q. \u
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conque. Si la raison puise, dans des considérations humaines, les motifs de sa détermination, le péché s'accomplit dans la raison inférieure ; il est le fait de la raison supérieure si les motifs sont pris dans un ordre de choses plus élevées c'est-à-dire dans les vérités éternelles. Or, la raison supérieure prend une double attitude en face des vérités éternelles, elle les contemple ou elle les choisit pour guide de ses actes, et il peut y avoir dans l'une ou l'autre péché mortel et péché véniel.
Il y a péché mortel, dans la considération des vérités éternelles, lorsque la raison s'insurge contre elles avec la pleine possession d'elle-même; le péché sera véniel au contraire si la raison est prise à l'improviste et à demi inconsciente. Si quelqu'un, par exemple, est subitement frappé de cette pensée : il est impossible que Dieu soit Un et Trine, il commet un péché véniel, mais il se rend coupable d'une faute grave si, après un premier moment, il adhère à cette considération.
Lorsque la raison contemple les vérités éternelles pour éclairer à leur lumière les actes de la vie pratique, il peut y avoir aussi, sous ce second rapport, péché mortel ou péché véniel: péché mortel, si l'acte que l'on va accomplir est tout à fait contraire à la fin suprême de l'agent, un homicide, par exemple ; péché véniel, si l'acte, sans exclure la fin, l'éloigné cependant. Quelqu'un dit une parole inutile; il sait parfaitement que c'est un péché véniel, il hésite d'abord et finit par consentir. G'estceque saint Thomas appelle le péché véniel de la raison supérieure. Ces sortes de péchés sont les plus graves, parmi les fautes vénielles, puisqu'ils supposent une délibération et un consentement complets. Les âmes intérieures doivent se tenir en garde contre eux car, si la volonté se laisse aller souvent à ces
manquoments rcillécliis, ello n'est f^uèrt* disposée à recevoir les cfïluves de lu gràite divine.
Les péchés véniels de sensualité sont nrioins graves que les précédents car ils ont leur excuse (s'il est permis do s'exprimer ainsi) dans la profonde faiblesse de la nature corrompue, enchaînée par les choses sensibles et comme immergée dans les sensations. Aussi les mouvements de sensualité nous assaillent à toute heure. Il ne faut pas nous en tourmenter, nous souvenant qu'ils peuvent être pour nous des occasions continuelles de mérite lorsque nous leur résistons: si nous succombons, humilionsnous sans trouble cl ayons recours à l'intinie bonté de
La source de ces péchés ne peut être purifiée que par un miracle, dit saint Thomas (1). Ce qui est naturel, en effet, ne peut étie changé que par une force surnaturelle; or, la corruption dont nous parlons est naturelle, car ce n'est que par la toute-puissance de la grâce que le premier homme fut délivré des liens qui nous font gémir maintenant. La perte de la grâce originelle nous a fait rentrer dans l'état conforme, à notre nature, de telle sorte, ajoute saint Thomas, que l'attrait vers les choses sensibles nous est aussi natuiel que la mort. Dieu était libre, sans doute^ de nous délivrer de ces misères, il a mieux aimé nous les laisser, comme un médecin sage ne guérit pas radicalement un malade si la guérison totale doit l'exposer à un plus grand mal. Le mal plus grand que notre attrait pour les choses sensibles eut été l'orgueil : Nous nous serions crus des anges ou des dieux et nous aurions oublié que nous ne sommes que des hommes, f^a guérison n'a été complète
i. De Veritale, q. xxv, a. 7^
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que dans la Bienhenreuse Vierge Marie, la plus humble de toutes les créatures.
Nulle part la corruption de la nature ne se fait sentir nutant que dans nos jouissances sensibles, car elles sont les plus éloignées pour ainsi dire de la raison. Or, c'est la raison seule qui est responsable, d'où il suit que moins une jouissance est voisine de la raison, moins grande aussi est la responsabilité et -par conséquent la culpabilité. Les péchés véniels de sensualité sont donc moins graves que ceux qui découlent de la raison supérieure.
L'Église nous offre de nombreux moyens pour la rémission des péchés véniels : un signe de croix avec de l'eau bénite, la bénédiction d'un évêque, la récitation d'une prière, surtout de l'oraison dominicale, méditer les grandeurs de Dieu ou travailler à sa gloire, tels sont les re-raèdes du péché véniel, pourvu que tous ces actes soient faits avec dévotion et piété.
Si les péchés véniels sont remis si facilement en ce monde, dans l'autre, les 11 animes du purgatoire seules les eti'acent et nous en purifient. Mais ici la doctrine de saint Thomas est bien faite pour nous consoler et pour nous engager à bénir la miséricorde de Dieu.
11 est peu probable, dit le saint Docteur (1), qu'un honnrio en état de grâce ne fasse pas, au moment de mourir, un acte d'amour de Dieu capable d'etfacer non seulement tous ses péchés véniels mais même la peine due au péché. Dans ces conditions, son àme entrerait donc immédiatement au ciel. Les flammes du purgatoire, ajoute-t-il, ne sont destinées qu'à ceux qu'une mort subite ou que les troubles de la raison, si fréquents dans les maladies graves, empêchent