In Matlh. c. v, in fi,ne
dans la vie intérieure sont nombreuses; nous allons en signaler quelques-unes (1).
Quand Dieu veut attirer une âme à son service, il lui communique ordinairement- l'abondance de ses dons sensibles, afin de l'arracher aux séductions de la terre par la suavité des consolations divines. Cette grâce, comme toutes les opérations surnaturelles, devrait nous exciter à l'humilité, mais notre misère est si profonde qu'elle est pour nous un sujet de vanité et de vaine complaisance. Nous nous imaginons que cette dévotion pénétrante et si douce est le fruit de nos mérites et nous tombons dans cette sagesse orgueilleuse qui nous porte à juger sévèrement le prochain. Nous nouslançons dans l'exercice des vertus difficiles et éclatantes ; nous prenons en pitié ceux qui ne marchent pas d'un pas aussi rapide et nous ne manquons pas une occasion de leur reprocher leur tiédeur et leur lâcheté. Nous cherchons des directeurs complaisants et peu éclairés, bien moins pour en recevoir des avis, que pour les éblouir en leur exposant les merveilles que Dieu opère en nous.
Prenons garde : quand la dévotion sensible produit de tels effets, elle ne vient pas de Dieu, elle est un piège du démon. Le démon, dont l'action peut s^étendre sur nos puissances sensibles, allume parfois les feux d'une dévotion imaginaire afin de détourner notre attention du but réel de la dévotion vraie : l'humilité et la correction des défauts.
Une autre imperfection ordinaire aux commençants est celle que le pieux et savant Valgornéra appelle: l'avarice spirituelle (2). Elle consiste dans un désir immodéré d'acquérir les vertus et les biens surnaturels. ïl faut savoir
1. Valgorenera : théoloaie mystique de saint Thomas, q. ii, a, 2