‹ La doctrine spirituelle de St. Thomas d'AquinChapitre 150 sur 297 · Rom. VIII · texte numérisé non relu

Rom. VIII

si Dieu ne répond pas à notre prière, sachons accepter une épreuve où la vertu se fortifie.

Les tentations les plus ordinaires et les plus violentes sont celles dont se plaignait le grand Apôtre. Méditons les belles pensées que cet exemple célèbre inspire à saint Thomas (1).

De tous les péchés, le plus grave est J'orgueil, car il est la source de tous les vices, comme la charité est le principe de toutes les vertus. L'orgueil, dont il s'agit ici, n'est ni l'ambition, ni La vanité, ni la jactance ; c'est l'estime que l'on a de soi-même exagérée au point- de se préfépr à Dieu. Ce crime est le plus grand qu'une créature puisse commettre, car il n'est rien moins que l'usurpation même de la Divinité. L'orgueilleux s'adore ; il se fait des dieux de ses pensées, de ses passions, de ses actes, il ne reconnaît d'autre autorité que Jia sienne, (jl'^.uiï'^ Çi^u que lui.

Le Christ, le grand médecin des âmes (pour me servir de l'expression de saint Thomas), permCjt que ses éjus soient atteints parfois de maladies, même graves, afin de leur faire éviter le mal suprême : l'orgueil. Or, c'est précisément à l'orgueil que les élus sont le plus exposés, parce que les dons qu'ils reçoivent excitent naturellement, pour ainsi dire, la convoitise de cet horrible vice. Notre-Seigneur permet donc qu'ils soient tentés violemment, de peur qu'ils n'oublient leur condition native et qu'ils ne soient pris de vertige à ces hauteurs où Dieu les a élevés. Afin que la sublimité des révélations divines ne m'enorgueillisse pas, dit saint Paul, l'ange de satan est là pour me souffleter.

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