‹ La doctrine spirituelle de St. Thomas d'AquinChapitre 174 sur 297 · Ibid.,ibid., a · texte numérisé non relu

Ibid.,ibid., a

iSO LA DOCTRLXE SPIRITUELLE

abaissons devant Elle, c'est pour nous, parce que notre soumission est un devoir et la mesure de notre perfection. Plus nous sommes soumis à Dieu, plus nous nous rapprochons de Dieu : on ne s'éRîve que par l'humilité. Mais ces sentiments intérieurs, comme tous les autres, du reste, ont un contre-coup à l'extérieur ; et il ne suffit pas de les garder au fond de notre âme, il faut les manifester au dehors. Voyez un sujet devant son roi ou devant tout autre dépositaire de la puissance suprême, il prend une attitude grave, modeste, recueillie ; il comprend très bien que le respect intérieur n^est pas suffisant. De même, et à bien plus forte raison, devant Dieu. Notre corps doit manifester les sentiments de notre âme, c'est ici comme partout la loi de la nature. Les prostrations, les génuflexions sont donc naturelles, car notre corps s'efforce de traduire, à sa manière, les pensées qui nous animent ; de toutes les manifestations extérieures, la parole est la plus claire et la plus expressive, et sous le coup de nos émotions, nos lèvres s'agitent comme d'elles-mêmes pour dire à Dieu : Mon Dieu, je vous aime. Mon Dieu, je vous adore. Mon Dieu, ayez pitié de moi ! Ce n'est pas, dit saint Thomas (1), pour faire connaître à Dieu les secrets de notre cœur, il les voit mieux que nous; c'est pour raviver les feux de notre adoration et de notre amour. Aux paroles, il est bon d'ajouter aussi quelquefois les chants, car, dit le saint Docteur, on ne peut nier leur influence sur les sentiments de Tàme. Il la fortifient, l'élèvent et la consolent (2). Ils la fortifient, car ils remuent toutes les fibres du cœur, font naître l'enthousiasme capable d'affronter les périls et qui ne tremble devant aucune menace. Quand le clairon

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