In. Ps. XXII
DE SAtNT THOMAS d'aQUIN. :28l
retentit, le soldat entend la voix de la patrie et il sent se réveiller en lui l'ardeur des héros. De même, lorsque les échos des vieilles cathédrales redisent les chants des fidèles assemblés, la grande idée de Dieu plane avec plus de majesté sur la foule et en songeant à cette autre patrie, rÉglise catholique, le chrétien est emporté par un élan qui fait de lui le soldat de Dieu. Les chants nous élèvent en donnant k notre âme les ailes des notes fugitives qui montent comme l'encens, et notre cœur, bercé sur les ondes sonores, soupire après le jour où les hymnes mélancoliques de l'exil seront remplacées par l'Alleluia de la patrie. Enfin, ils nous consolent : Les modulations plaintives des chants sacrés s'harmonisent avec les tristesses de notre âme, elles s'exhalent plus douces, et la cadence du rhythme endort nos douleurs comme une mère endort son enfant.
L'acte fondamental de la vertu de Religion est l'adoration. L'adoration est l'honneur que nous rendons à Dieu en le reconnaissant pour notre Créateur, pour notre souverain Seigneur et notre Maître absolu. De même que la vertu de Religion se traduit à l'extérieur par des actes sensibles, de même aussi l'adoration se prouve par une manifestation extérieure : le sacrifice. Le sacrifice offert à Dieu en témoignage de l'adoration est naturel à l'homme. Quand bien même, l'homme n'eût pas été indroduit dans le sanctuaire de la religion surnaturelle, il n'en eût pas moins gardé l'obligation stricte d'otfrir des sacrifices. Nos imperfections et nos faiblesses, dit saint Thomas (1), proclament bien haut l'existence d'un être parfait en qui nous trouvons appui, force et lumière. Cet être, quel qu'il soit,