‹ La doctrine spirituelle de St. Thomas d'AquinChapitre 190 sur 297 · q. IV, H · texte numérisé non relu

q. IV, H

c'est-à-dire le commencement, le pjerme premier des choses qu'il faut espérer. Les premiers principes indémontrables sont la substance de la science, en tant que la science y est virtuellement contenue, car les conclusions particulières ne sont que le développement des principes premiers : c'est dans ce sens que la Foi est la substance de ce qu'il faut espérer. Elle nous donne, en effet, le germe de notre béatitude future en nous faisant acquiescer à des vérités voilées maintenant, mais dont la ckire vue fera plus tard notre bonheur éternel. Saint Paul ajoute qu'elle est V argument de Vinvisible. Dans cette seconde partie de sa définition, l'Apôtre spécifie l'attitude de l'esprit en face des vérités révélées, et saint Thomas fait remarquer que le mot argument est pris ici pour l'effet d'une argumentation sans réplique. Or, le raisonnement, quand il est concluant, produit la conviction; c'est aussi l'effet de la Foi. La raison du chrétien adhère avec une certitude absolue aux données de la Foi; elle ne doute pas, elle n'a pas seulement une opinion, elle est en possession d'une certitude inébranlable. Cette certitude a pour objet Vinvisible, c'està-dire des vérités qui dépassent les forces de la raison. C'est là le point le plus délicat et qui soulève les objections des incrédules et quelquefois même des chrétiens peu fervents.

N'est-il pas ridicule, dit-on, d'accepter des vérités que l'on ne comprend pas ?

L'objection aurait de la valeur, répond saint Thomas (1), si l'intelligence humaine comprenait tout, le visible et l'invisible ; mais elle est si faible qu'elle ne voit le fond de rien, et, dès lors, n'est-il pas ridicule, au contraire, de ne

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