Apoca. XIX
h. Mntth. xxTT, 12.
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bien est doux et fort le bien qui nous unit à Dieu par la charité. Ceux-là seuls qui ont entendu la voix du bienaimé et goûté les délices de l'amour divin pourraient en redire les extases et en chanter les joies.
Cette joie est sans mélange. Quand un ami est près de nous, nous soulFrons cruellement si nous le voyons triste, préoccupé, sombre; nous voudrions dissiper tous les nuages qui voilent son ciel et le nôtre. L'amour divin ignore ces angoisses. L'objet de notre amour est éternellement et intiniment heureux, il est grand par excellence, les anges et les hommes sont éblouis de sa beauté, nous sommes heureux de son bonheur, nous sommes fiers d® sa grandeur et nous jouissons de l'admiration qu'il arrache aux anges et aux hommes (1).
Si parfois une tristesse passagère nous effleure c'est lorsque nous gémissons de n'avoir pas un cœur assez large pour chérir Dieu autant que nous voudrions l'aimer. Mais même alors la pensée du ciel nous console, car nous savons qu'un jour notre âme plus libre et plus pure ira se perdre dans l'océan de l'amour divin. Nous serons tout à Dieu, Dieu sera tout à nous, notre union avec Dieu et notre bonheur dureront autant que l'éternité.
« Dieu est un, et en même temps il est tout ; dit Bossuet (2), et étant tout à lui-même, parce que sa propre grandeur lui suffit, il est tout encore à tous les élus parce qu^il remplit par sa plénitude leur capacité tout entière et tous leurs désirs. S'd leur faut un triomphe pour honorer leur victoire. Dieu est tout ; s'ils ont besoin de repos pour se délasser de longs travaux, Dieu est tout; s'ils de-
1. Cette joie de la charité n'exclut pas les souffrances que nous aurons à décrire plus tard.