‹ La doctrine spirituelle de St. Thomas d'AquinChapitre 215 sur 297 · Ibid. a · texte numérisé non relu

Ibid. a

336 I^A DOCTIUNE SPIRITUELLE

tien, ni à l'établissement des membres de noire famille, ni au rang que nous occupons dans le monde : c'est donc dans les choses de luxe qu'il faut faire la part des pauvres. Le luxe consiste dans les ameublements somptueux, les habits magnifiqueSjles beaux équipages, les demeures splendides, etc. Nous ne voulons pas dire que les riches ne peuvent pas s'entourer d'un certain luxe, non, car c'est leur droit incontestable, mais c'est aussi leur devoir de distribuer d'abondantes aumônes ; il serait indigne d'un chrétien de vivre dans l'opulence et de ne pas en faire bénéficier les pauvres.

La richesse varie à l'infini, et, si tout le monde est tenu d'accomplir le précepte de l'aumône, la part à distribuer n'est pas évidemment égale pour tous, elle diffère selon la richesse elle-même, et d'après la position sociale de chacun. Mais quelque soit notre rang et notre fortune, nous trouverons toujours le moyen de pratiquer la charité si nous sommes animés du véritable esprit de l'Évangile. Nous nous souviendrons de ces paroles de Notre-Seigneur : « Ce que vous aurez fait au plus petit d'entre les miens, « c'est à moi-même que vous l'aurez fait » (1). Si Notre- Seigneur venait frapper à notre porte et implorer notre charité, aurions-nous le courage de lui refuser ce qu'il nous demande ? Il se présente dans la personne du pauvre et la lumière de la foi doit nous faire découvrir sous ses haillons Notre-Seigneur Jésus-Christ lui-même. Cette pensée n'est pas une exagération, elle est la conséquence logique des paroles du Christ. Malheur à nous si nous ne voulons pas l'écouter, car alors une autre parole retentira un jour et celle-là, nous serons forcés de l'entendre :

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