‹ La doctrine spirituelle de St. Thomas d'AquinChapitre 214 sur 297 · œ. q. xxvi, à 4 sed contra · texte numérisé non relu

œ. q. xxvi, à 4 sed contra

2, l*^ Joa m, 18

DE SAINT THOMAS d'aQUIN. 33S

ignorants, donner de sages conseils, consoler les affligés, réprimander charitablement ceux qui s'égarent, pardonner les offenses, supporter les défauts, telles sont les aumônes spirituelles (1).

Le précepte de l'aumône est impérieux, nul ne peut s'y soustraire ; il sulfit pour s'en convaincre de lire le xxv° chapitre de l'Évangile de saint Matthieu où Notre -Seigneur condamne à l'éternel supplice ceux qui n'auront pas accompli ce devoir de charité.

Dans quelles proportions doit-on faire l'aumône corporelle ?I1 n'y a ni règle, ni mesure absolue, car la quantité; de l'aumône dépend de la fortune et de la position de chacun. Les théologiens disent que le superflu doit être distribué en aumônes. Mais là est précisément la difficulté, en quoi consiste le superflu ? D'après saint Thomas (2), le superflu est ce qui reste quand on a pourvu aux besoins des siens selon le rang que l'on occupe. Est-on obligé de donner aux pauvres tout le superflu ? Répondre affirmativement serait, selon nous, donner occasion à des scrupules continuels, car on serait toujours à se demander : « ceci ou cela est-il superflu ; si je dois donner le tout, je ne puis donc pas en user ». Aussi croyons-nous plus prudent de résoudre la question en la tournant pour ainsi dire et en appuyant la thèse de la nécessité de l'aumône sur des principes indiscutables.

1° On doit faire l'aumône : un chrétien qui, pouvant venir en aide aux pauvres ne donnerait jamais rien, serait on état habituel de péché.

2° On doit prendre au moins sur son superflu, c'est-àdire sur les choses qui ne sont nécessaires ni à notre entre-

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