‹ La doctrine spirituelle de St. Thomas d'AquinChapitre 22 sur 297 · Nuit obscure, liv. 111, ch. vni · texte numérisé non relu

Nuit obscure, liv. 111, ch. vni

2- Dans la vie surnaturelle la connaissance n'est pas toujours eu raison directe de l'amour, mais une certaine connaissance est in-^ dispensable.

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lumière inaccessible, qu'aucun homme rCa vu et ne pourra jamais voir, à qui est l'honneur et la domination éternelle (1). Mais si nous méditions sciieusement sur cette Grandeur inlitiie, sur cette Majesté inénarrable, snr celte Puissance sans limites, sur cette Sagesse dont les jugements sont impénétrables, sur cette Existence absolue qui remplit les cieux, et déborde dans les espaces sans fin^ si notre pensée s'élevait jusqu'à ce sanctuaire où, durant l'éternité, les anges redisent les uns aux autres : Sanctus, Sanctus, Sanctus, nous nous prosternerions dans les abîmes d'une adoration profonde, nous oserions à peine répéter avec le prophète : Sanctum et terribile nomen ejus, et bientôt ne trouvant plus de paroles capables d'exprimer notre admiration et notre amour, le silence serait la seule louange que nous ferions monter vers Dieu : Tibi silentium laus.

Pour nous qui essayons de raconter les perfections de Dieu, nous savons qu'aucune langue créée n'est digne même de prononcer son nom. Tout ce que nous pourrons en dire ne sera qu'un bégaiement informe ; le ciel, la terre, l'homme, l'ange ne diront jamais ce qu'est Dieu ; et cependant, nous voulons parler de Lui, ne serait-ce que pour nous consoler, comme des exilés qui trompent leur douleur en prononçant les noms de la patrie.

Pouvons nous nommer Dieu ? N'est-il pas tellement audessus de nos définitions et de nos conceptions, que nous ne trouverons jamais une formule qui exprime adéquatement la substance divine ? Non, jamais nous ne prononcerons un nom qui dise tout ce qu'est Dieu ; il faudrait pour cela le comprendre lui-même. Or, lui seul se com-

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