lliess., c. VI
prend, lui seul a prononcé son véritable nom, lorsqu'il a engendré de toute éternité une parole consubstantielle, infinie, en tout semblable à lui, le Verbe qui est la figure de sa substance et la splendeur de sa gloire (1).
Nous devons donc renoncer à trouver un nom qui rende exactement l'Être nommé. Cependant, dit saint Thomas (2), nous pouvons nommer les choses dont nous avons une idée dans la mesure même où nous les connaissons. Or, s'il est vrai que pour nous, durant la vie, l'essence divine soit enveloppée d'impénétrables mystères, nous en avons pourtant une idée lointaine qui nous est transmise par les créatures. Elles nous disent, en effet, que Dieu est leur principe et leur fin, qu'il est infiniment au-dessus déciles, que toutes leurs perfections viennent de lui, et se trouvent en lui à leur plus haute puissance; nous pouvons donc, d'après ces notions, quelque incomplètes qu'elles soient, balbutier quelques syllabes du nom de Dieu. Je dis que les notions que nous avons sur Dieu par le témoignage des créatures, sont imparfaites. En efiet (3), quoique les perfections des créatures descendent de Dieu comme de leur type suprême, cependant aucun être créé ne peut recevoir dans 'sa plénitude une seule des perfections divines, et par conséquent, aucune perfection créée ne reproduit fidèlement l'image de la perfection sans limites. Les noms que nous donnons à Dieu, nous étant, pour ainsi dire, dictées par les créatures, ne seront donc jamais qu'un écho affaibli de ce nom infini que Dieu seul prononce au fond des cieux.
Aussi, l'homme, incapable de trouver un mot qui ren-