ïn 4° dist. dist. XV. q. iv, a
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Aucun chrétien ne peut nnettre en doute la nécessité de la prière ; il se présente parfois cependant des objections qu'il est utile de réduire à leur juste valeur.
Trois erreurs ont été émises à ce sujet, dit saint Thomas (1). Quelques-uns ont dit que la prière est inutile, attendu que la Providence divine abandonne le gouvernement des choses humaines et que Dieu est indifférent à ce qui se passe sur la terre.
Dieu, répond saint Thomas (2), estle principe de tout ce qu'il y a de bien dans un être; le bien d'une créature résulte non seulement de la perfection individuelle, mais aussi de son mouvement vers la fin qui la met en harmonie avec l'ensemble des choses. Or, la cause des êtres étant l'intelligence divine, il faut que la raison de tous les effets préexsiste dans la pensée de Dieu, d'où il suit que la raison des mouvements des êtres vers leur fin préexiste dans la pensée de Dieu : c'est précisément en cela que consiste la Providence.
D'autres ont cru que les événements sont soumis à une fatalité inexorable, et que, par conséquent, la prière ne pouvait pas en changer le cours.
La thèse de la fatalité n'est pas sans faire une certaine impression sur quelques personnes peu éclairées. Combien de fois, en effet, n'a-t-on pas entendu dire : A quoi bon prier ? Dieu a tout réglé à l'avance, et la prière n'y changera rien. On ne remarque pas qu'on se hâte d'abandonner le dogme fataliste dans toutes les occasions de la vie pratique. A moins d'avoir perdu le sens on ne dira pas : Dieu a décrété de toute éternité que je mourrai tel jour; dans dix ans, par exemple, par conséquent, je ne mourrai
i 2°, 2œ q. IV, a. 2.