Philipp, IV
348 LA DOCTRliNE SPIRITUELLE DE SAINT THOMAS d'aQUIN.
« glorifier dans ses divines perfections, et plus encore « pour ce qu'il est que pour ce qu'il donne. Ainsi, c'est « une erreur manifeste et injurieuse à toute l'Église, de « regarder les demandes comme intéressées, et d'en sus- « pendre l'usage dans les parfaits.
« Les demandes de l'Église se rapportent à trois lins, « que chacun désire obtenir pour soi dans cette vie: la « rémission des péchés ; la grâce de n'en plus commettre» « ce qui comprend la persévérance; l'augmentation de la « justice : et ses trois fins particulières se terminent à la « grande fin à laquelle toutes les autres sont subordon- « nées, qui est l'accomplissement des promesses dans la « vie future » .
Dans tout état, même le plus parfait, il ne faut donc jamais cesser l'exercice de la demande, et une àme qui croirait faire acte d'amour plus désintéressé en négligeant de demander la rémission de ses péchés et son salut éternel, serait évidemment dans une voie fausse.
La prière est toujours méritoire mais elle n'est pas toujours exaucée; c'est là un sujet de doute pour quelques chrétiens. Avec quelle ferveur ne demande-t-on pas certaines grâces, et quelle angoisse quand l'effet ne répond pas au désir. Quand une prière n'est pas exaucée, c'est qu'elle renferme une demande contraire aux vues delà Providence. Mais tous les obstacles sont levés, si la prière est pieuse, persévérante et en harmonie avec notre salut éternel. A ces conditions, dit saint Thomas(l) la prière sera toujours écoutée.