QUATRIÈME DEMANDE
I)0\.\F.Z-NOUS aujourd'hui NOTRE P.UX QUOTIDIEN.
Jiiscjii'à présent l'oraison dominicale n'a fait mention qne des biens spirituels : la quatrième demande a pour objet les biens temporels.
Nous sommes naturellement portés à les désirer avec trop d'ardeur, aussi Notre-Seigneur en nous ordonnant de demander le pain de chaque jour reconnaît ce qu'il Y a de légitime dans ce désir et réprime les excès dans lesquels nous tombons si facilement au sujet des biens de la terre.
Par le mot dont il s'est servi « pain quotidien » Notre- Seigneur nous enseigne à nous contenter de biens nécessaires à notre état et à notre condition. C'est un désordre que de désirer des choses disproportionnées avec notre situation, et, pour le dire en passant, c^est un mal qui ronge une société où personne n'est content de ce qu'il est ni de ce qu'il possède. Si tous ne réclamaient que leur pain quotidien, nous ti'entendrions pas ces cris qui sont la grande préoccupation du présent et la menace de l'avenir.
Nous ne pouvons désirer que les biens auxquels nous avons droit , il nous est défendu de convoiter ceux d'autrui, voilà pourquoi Notre-Seigneur a dit notre pain: désirons ce qui est à nous et non ce qui appartient aux autres.
Il faut les désirer avec modération, ne pas leur donner dans notre cœur une place qu'ils ne méritent pas ; J^sus- Ghrist a voulu restreindre nos désirs au pain quotidien c'est-à-dire aux choses nécessaires.
356 LA DOCTRINE SPIRITrFI.LE
Lo pain quoiiJicn est aussi le pain eucharistique et cette autre nourriture dont il est ëcrit : « L'iiornme ne « vit pas seulement de pain, mais de toute parole qui « tombe des lèvres de Dieu ». (1; Désirons de tout notre cœur ces aliments célestes et le pain matériel de chaque jour nous sera donné par surcroît.