‹ La doctrine spirituelle de St. Thomas d'AquinChapitre 235 sur 297 · MAIS DÉLIVREZ-NOUS DU MAL · texte numérisé non relu

MAIS DÉLIVREZ-NOUS DU MAL

Cette demande est générale ; nous prions Dieu de nous délivrer de tout mal ; péché, maladie, affliction de toute nature. Les demandes qui précédent ne font mention que du péché ; celle-ci, par conséquent, semble avoir pour objet spécial les afflictions, et douleurs, dont la vie est remplie.

Dieu nous en délivre de quatre manières, dit saint Thomas, t,

Premièrement; en nous épargnant les malheurs que nous ne pourrions pas supporter. Les âmes saintes sont parfois cruellement éprouvées, mais comme un médecin habile ne donne à un malade que des remèdes proportionnés à ses forces. Dieu ménage les afflictions qu'il envoie à ses éhis et ne les associe à la passion de son Fils que dans la mesure de leur courage.

Secondement ; en nous consolant dans nos angoisses. Il est des malheurs auxquels aucune force humaine,* dit saint Thomas, n'est capable de résister. Dieu vient alors alléger le fardeau, il nous donne la résignation, la soumis-

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sion à sa volonté adorable, et, dans la nuit sombre (]ui s'est faite sur notre vie, il allume une lumière qui se lève comme l'awbe des jours meilleurs et qui s'appelle l'espérance.

Troisièmement ; en nous accordant des grâces surnaturelles si pénétrantes qu'elles nous font presque oublier les épreuves auxquelles il a cru devoir nous soumettre. On est étonné de la joie des martyrs au milieu des plus affreux supplices ; on ne s'explique pas l'héroïsme de ces âmes qu'aucune souffrance n'a pu abattre et qui se riaient de l'impuissance des tyrans. Dieu les soutenait dans la lutte et les joies divines dont il les inondait les rendaient comme insensibles aux morsures de la douleur. Pendant son supplice, saint Etienne voyait le ciel ouvert et le Fils de l'homme assis à la droite de Dieu, (l) C'est ainsi que Dieu console les âmes éprouvées et, comme nu premier martyr, il leur montre le ciel où les attend la récompense de la fidélité et la palme de la victoire.

Quatrièmement enfin, Dieu nous délivre du mal en le transformant. Les malheurs de ce monde ne sont qu'un mal relatif et la Providence y dépose les germes de notre bonheur futur. Il est sans doute des larmes bien amères qu'aucune main humaine ne peut essuyer, mais une parole divine, acceptée avec amour et résignation, calme les douleurs les plus poignantes ; Bienheureux ceux qui pleurent parce qu'ils seront consolés.

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