Opuscule de piété, t. X. édition de Versailles
2, II), q xni, a. 8.
DE SAINT THOMAS o'aQUIN. 49
veillaTit avec une teiidre sollicitude sur l'ouvrage de ses mains. Le mot Dieu implique donc l'idée de la substance inOnie Principe et Providence des choses. Voilà pourquoi, dans sa théologie sublime, parce qu'elle est la traduction d'un sentiment profond de la divinité, le peuple chrétien ajoute communément à ce nom : Dieu, cet attribut : Bon. 11 dit rarement: Dieu, il aime mieux dire; le bon Dieu. C'est ce sentiment qu'a divinement exprimé Notre-Seigneur lorsque, dans la prière quMl nous a enseignée, il a donné à Dieu le doux nom de Père : Pater noster. Par ce seul mot, dit saint Thomas (1), Jésus-Christ réfute les deux erreurs qui arrêtent la prière sur les lèvres des hommes. Les uns disent que Dieu n'a aucun souci des choses humaines, que par conséquent il est inutile de le prier. Mais s'il est notre Père, comment pourrait-il oublier ses enfants : Qui de vous, dit Jésus-Christ, donnera tme pierre à son fils qui lui demande du pain, ou sHl vous demande un poisson lui présenterez-vous un scorpion? Si donc vous qui êtes méchants, vous savez ce qu'il faut donner à vos enfants, combien plus votre Père qui est dans les deux, donnera-t-il ses biens à ceux qui les lui demandent (2). D'autres disent, au contraire, que la Providence de Dieu s'étendant à tous nos besoins, les demandes sont superflues. Mais un fils doit-il se contenter de recevoir les bienfaits de son père sans le remercier jamais?
Nous reviendrons plus tard sur cette question quand" nous traiterons de la prière, mais aujourd'hui nous voulons terminer ce chapitre par quelques réflexions sur la première demande de l'oraison dominicale : Sanctificetur nomen tuum, que votre nom soit sanctifié.