‹ La doctrine spirituelle de St. Thomas d'AquinChapitre 26 sur 297 · De l'Existence de Dieu, IP partie, a · texte numérisé non relu

De l'Existence de Dieu, IP partie, a

DE SAINT THOMAS d'aQUIN. 47

La pensée de 1 Être de Dieu est pour l'àme intérieure une source d'ineffables consolations, le sujet des plus profondes méditations et un des plus puissants leviers qui la fassent avancer dans la voie de la perfection. Mettons-nous en face de cette Existence absolue, essentielle, nécessaire» et, avec la conscience du peu que nous sommes, humilions notre rien devant le tout de Dieu. Bossuet avait bien compris les richesses surnaturelles que renferme la méditation de l'Être de Dieu lorsqu'il disait aux religieuses de la Visitation : « Dieu est celui qui est : tout ce qui est et existe, est et existe par Lui. Il est cet Etre vivant en qui tout vit et respire. Remarquez donc bien, mes filles, ce que je vais vous dire ; écoutez-le avec une profonde attention. Quelle consolation et quel sujet de joie pour vous, en quelque état que vous soyez ! Quand quelquefois même vous vous trouveriez à l'oraison l'esprit rempli de mille fantômes, sans aucun arrêt, ne pouvant assujettir l'imagination, cette folle de l'àme, comme l'appelle sainte Thérèse ; d'autres fois sèches et arides, sans pouvoir produire une seule bonne pensée, comme une souche, comme une bête devant Dieu ; qu'importe ? Il n'y a alors qu'à consentir et qu'à adhérer à la vérité de Fêtre de Dieu : consentir à la vérité, cet acte seul suffit. Prenez garde que je dis consentir à la vérité : car Dieu seul est le seul Être vrai. Adhérer à la vérité ; consentir à la vérité, c'est adhérer à Dieu, c'est mettre Dieu en possession du droit qu'il a sur nous. Cet acte seul comprend tous les actes : c/est le plus grand, c'est le plus élevé que nous puissions faire.

« Mais, me direz-vous : cela est bien difficile. Non, mes filles, il n'est point difficile; faites attention à ce que je vous dis. Cet acte est grand, il est parfait : mais en même

temps je dis qu'il doit (Hre fait fort simplement. Il n'y a rien de si simple que cet acte ; adhérer à la vérité, consentir à la vérité, se rendre à la vérité, se soumettre à la vérité. Mais cet acte doit être fait sans eifort, par un retour de tout le cœur vers Dieu. Il doit être, je cherche un terme pour m'expliquer, il doit être affectueux, tendre, sensible. Me comprenez- vous ? Mais me comprends-je bien moimême? C'est un certain mouvement du cœur, qui n'est point sensible, de la sensibilité humaine, mais qui nait de cette joie pure de l'esprit, de cette joie du Seigneur qu'on ne peut exprimer. Et pourtant réjouissez-vous ; et dites seulement en tout temps : je consens, mon Dieu à toute la vérité de votre être : je fais mon bonheur de ce que vous êtes ce que vous êtes ; c'est ma béatitude anticipée ; c'est mon paradis à présent, et ce sera mon paradis dans le paradis. Amen (1). »

On le voit, la seule méditation du Nom de Dieu peut nous élever, si nous savons le comprendre, à la plus haute contemplation : cependant ce n'est pas d'après cette dénomination si profonde et si belle que l'on désigne ordinairement la substance divine. Il est un autre nom que Ton emploie généralement quand on parle de la Divinité, et ce nom, c'est celui-là même qui revient à tout moment sur nos lèvres : Dieu.

Quel est le sens de ce mot le plus usité pour désigner la divinité ?

Tous ceux, dit saint Thomas (a), qui, voulant parler de la divinité, se sei'vent du mot DieUf entendent par là l'Être Tout-Puissant, souverain créateur, infiniment bon et

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