‹ La doctrine spirituelle de St. Thomas d'AquinChapitre 62 sur 297 · q. xrx, a. i et seq · texte numérisé non relu

q. xrx, a. i et seq

DE SAINT THOiMAS D'AOUI>f. 10 1

La crainte initiale et la crainte filiale sont substantiellement les mêmes, elles ne dilïèrent que spécifiquement.

La crainte filiale est toujours en proportion avec la ohariié, car plus nous aimons Dieu et plus aussi nous craignons de lui déplaire et d'être séparés de lui. La crainte servile, au contraire, s'efface devant l'amour, cependant la crainte du cbàliment demeure toujours (que l'on remarque bien ces paroles de saint Thomas) ; elle diminue, il est vrai, à mesure que la charité augmente, mais elle ne disparaît jamais complètement. Nous avons appelé l'attention sur celte doctrine de saint Thomas, parce qu'elle est la condamnation formelle de ces erreurs contre lesquelles le génie de Bossuet s'élève avec tant de force. Les nouveaux mystiques prétendaient que l'abandon à la volonté de Dieu consiste à être complètement indifférent au salut ou à la damnation, et qu'une àme parvenue à ce saint abandon doit rester désintéressée à la pensée des châtiments de la justice divine : « Cette indifférence barbare, dit « Bossuet, comporte de plus funestes dispositions que 0 celle des libertins qui se contentent de dire en leur « cœur : Dieu a décidé de mon sort, je n'ai qu'à demeurer « sans rien faire. » (1)

Non, la crainte de la réprobation ne s'évanouit jamais; ^ elle reste dans l'àme en même temps que la charité la plus éprouvée. Quant à la crainte filiale, elle persévère jusque dans la patrie ; mais alors, elle est dépouillée de toute appréhension, puisque la volonté des bienheureux est lixée dans le bien par la perfection de la gloire, et elle se transforme en une admiration éblouie des bontés de Dieu.

l. Instrticlion sur les états d'oraison, li?rfilH, n" 17.

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