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prêche cette doctrine avec des accents plus suaves encore: Regardez les oiseaux du ciel, dit Notre-Seigneur, ils ne sèment pas, ils ne moissonnent pas, ils n'entassent pas dans les greniers, et votre Père céleste les nourrit. Ne lui êtes-vous pas beaucoup plus chers que les oiseaux du ciel ?... Voyez comme croissent les lis des champs ; ils ne travaillent pas, ils ne filent pas, et cependant, je vous le dis en vérité, Salomon dans toute sa gloire n'a pas été vêtu comme l'un d'eux. Si Dieu pare ainsi un brin d'herbe qui fleurit aujourd'hui et qui meurt demain: combien plus aura-t-il soin de vous, hommes de peu de foi (1).
La foi en la Providence de Dieu ne nous dispense pas de la grande loi du travail à laquelle tout homme est soumis : L'homme est né pour travailler comme l'oiseau pour voler, dit Job (2); le chrétien, plus que tout autre, doit accepter avec joie la part de labeur qui lui est faite, et réaliser à la lettre ce précepte de l'Apôtre : travaille comme un vaillant soldat du Christ (3). S'il se souvient que Dieu donne leur pâture aux oiseaux du ciel, il doit savoir aussi que, selon la parole de TApôtre (4), celui qui ne veut pas gagner son pain de chaque jour n'est pas digne de le manger. Mais Jésus-Christ a voulu nous enseigner qu'après avoir fait ce qui dépend de nous pour mériter les dons de la Providence, nous devons jeter en Dieu toute notre sollicitude, parce qu'il a soin de nous (5) et qu'il ne peut pas oublier l'ouvrage de ses mains.
Exposons maintenant, d'après saint Thomas, le dogme catholique de la providence de Dieu.