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o. 1 Fetr., V, 7.
104 LA nOCTHINE SPIRITUELLE
Il y en a, dit-il (1), qui ont nié la Providence et soutenu que le monde, produit du hasard, s'en allait à l'aventure sans être dirige par une intelligence suprême ni par une volonté souveraine. D'autres ont cru que Dieu s'occupe, il est vrai, du gouvernement général du monde, mais qu'il ne dirige pas chaque être en particulier. Ces deux opinions sont fausses, et il faut admettre non seulement une Providence universelle, mais encore une direction positive de Dieu sur chaque être en particulier.
Gomme tout être, dit saint Thomas, agit en vue d'une fin, la disposition des effets en vue de cette fm doit s'étendre aussi loin que porte la puissance de causalité du premier agent: car, lorsque, dans la coordination de certaines œuvres vers un but, il survient un événement qui en détourne une ou plusieurs, ce ne peut être qu'en vertu d'une cause étrangère qui renverse totalement ou en partie le plan de l'agent principal. Or, la causalité de Dieu s'étend à tout ce qui est, non seulement en général^ mais encore en particulier ; il faut donc reconnaître que tous les êtres, dans leurs existences individuelles et dans leur marche générale, sont soumis à l'action de Dieu et gouvernés par sa Providence, qui peut se définir : la raison de l'ordre des choses vers leur fin.
La réponse aux objections fait mieux saisir cette thèse un peu abstraite de saint Thomas.
Si tout est soumis à la Providence, dit-on, tout est donc prévu par Dieu, et ce qu'on appelle le hasard (2) n'est