Math. III, 13 et seq
DE SAINT THOMAS d'aQUIN. 163
Notre-Seigneur voulut recevoir le baptême de Jean, non pour être purifié, puisqu'il était la pureté même, mais pour nous enseigner, par son exemple, à nous soi^meltre à la loi du baptême qu'il devait instituer (1) et pour sanctifier par son divin contact l'élément de notre régénération spirituelle. Ce n'est pas sans une disposition particulière de la Providence qu'il choisit les flots du Jourdain. De même que les Hébreux traversèrent les eaux de ce fleuve avant d'entrer dans la terre promise, de même les fidèles doivent passer par les ondes du baptême avant de pénétrer dans la véritable terre promise, selon cette parole : Si quelqu'un ne renaît pas de l'eau et de l'Esprit- Saint, il ne peut pas entrer dans le royaume de Dieu (2). Aussi quand Jean-Baptiste eut répandu l'eau sainte sur le front de Jésus, le ciel s'ouvrit, l'Esprit-Saint descendit sous la forme d'une colombe et on entendit la voix de Dieu. Les effets du sacrement de baptême sont admirablement décrits dans ces paroles de l'Évangile. Le baptême ouvre le ciel: les péchés qui nous en ferment l'entrée sont etfacés par la vertu du sacrement : l'Esprit de Dieu descend dans notre àme régénérée et la voix du ciel se fait entendre par l'enseignement de l'Église dont nous devenons les fils.
Jésus quitta le Jourdain et fut poussé par l'Esprit dans le désert (3). Jésus se retire au désert avant d'entrer dans sa vie publique, afin d'apprendre à ses ministres chargés d'annoncer sa parole, à se recueillir dans le silence et dans la solitude pour y méditer les vérités divines qu'ils vont répandre. Un apôtre doit, en effet, vivre loin du monde et se faire même au milieu des foules, une solitude où ne