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Le deux Décembre, après dix-sèpt années de domination injuste, le despote de la Seine, l'empereur inique, l'ennemi de toute liberté, le grand allié de tous les tyrans, prétendit, avec une hypocrisie digne de lui, de lui qui tient enchaînée notre grande patrie, — libérer la Niobé des nations, l'antique métropole du monde, — maîtresse, martyre, gloire de la terre.
Il continuait l'œuvre de la vengeance divine. Attila, à la tête de ses tribus féroces^ avait conquis et détruit Rome, avait exterminé son peuple.
N'était-il pas l'arme de Dieu ?
< Quiconque frappe par Tépée, est-il écrit, périra par répée. »
Les anciens Romains régnaient sur le monde en
subjuguant, en écrasant les nations. L'esclavage, la
iuisèrey la ruine étaient leurs ministres.
Le successeur des Attilas, bandit, voleur comme eux, se jeta sur une proie facile, et son cœur frémit de Joie quand il sentit sa victime sous sa serre.
Et encore cette action n était-elle qu*une caricature de celles des Attilas, les dévastateurs de Rcmie I
Pour accomplir de grandes actions dans le mal comme dans le bien, il faut avoir de grands cœurs, et son cœur à Ud est à la fois petit et craintif.
Dans tout ce qu'il fait nous voyons clairement son désir d*imiter son oncle. Son manque de génie et d'énergie change en défaites tous ses essais.
Attila conquit et fit un monceau de ruines de la grande cité. L'Attila moderne déguisé en jésuite ne détruisit pas parce qu'il considérait sa proie comme sa propriété personnelle.
Plus tard, aflEaibli par Tàge, pauvre être tremblant sur uu trône ébranlé jusqu'en ses fondements, il renouvela en Amérique ses plus noires entreprises et tenta de donner le coup de mort au sanctuaire de la liberté du monde, la grande république, en élevant à ses portes un empire autrichien.
Et le gouvernement italien a pu obéir au commandement d'un ridicule empereur qui remplit le rôle de sbire du Vatican I
Il empêche les Romains de s'affranchir, il les force de se soumettre au saint-offîce qui refuse à Tltalie sa capitale, réclamée, proclamée par le parlement !
Un gouvernemeiit plus lâche que le gouvernement italien ne saurait être trouvé dans l'histoire ancienne ou moderne I
N'existe-t-il pas une fatalité pour l'humanité? Et
ne trouve-t-on pas toujours côte à côte le bien, la grandeur, avec le mal, Thumiliâtion, la petitesse?
C'est bien côte à côte. L'unification de l'Italie est une merveille de bien accomplie malgré les efforts des factions égoïstes, des chefs et des rois, pour renier ce malheureux pays par tous les moyens'possibles de tromperies et de pillages, par la pauvreté et la perversité.
Mais quel gouvernement, bon Dieu ! Cette agence de corruption peut-elle s'appeler un gouvernement? Et le peuple, ce peuple infortuné, qu'est-11?... La moitié s*est laissé acheter pour retenir l'autre moitié dans l'asservissement et dans la misère.
Salut, braves Mexicains ! Nous voyons avec un œil d'envie, la valeur, la constance que vous avez déployées pour affiranchir les mercenaires du despotisme I
Nobles descendants de Colomb, acceptez de vos frères d'Italie leurs félicitations à l'occasion de la conquête que vous venez de faire — celle de votre liberté l La tyrannie qui nous écrase voulait vous écraser aussi. Vous l'avez balayée, vous l'avez rejetée comme les eaux ' courantes et pures d'un grand fleuve rejettent toute impureté.
Seuls, grâce à notre vanité, nous gémissons encore sous le joug. Notre race est parleuse, présomptueuse, ' elle se vante de sa gloire, de sa liberté, de sa grandeur!...
Aveugles que nous sommes l nous nous affranchissons par des discours, et nous sommes incapables d'accomplir en action cette reconstruction politique qui nous rendrait le dcoit de prendre rang parmi les nations libres !
Nous tremblons deyant le despotisme d'un tyran étranger et sans scrupules. Nous n'osons, par crainte de lui| marcher dans nos propres maisons, nous n'osons dire au monde que nous voulons être nos maîtres, nous n'osons arracher de nos bras les fers qu'on y a attachés l... Et honte plus grande, il a abandonné la proie qu'il voulait s'approprier, car il craignait l'indignation da monde entier, il Va, abandonnée en disant : « Gardes-la, lAches ! Devenez coupe-goi^ en m(»i lieu et place, mais surtout évitez de marcher contre ma volonté! »
Rome! toi la grande, la seule ville, la ville éternelle ! toi qui étais, par la puissance, au-dessus de toutes les grandeurs de ce monde, être dégradée à ce point 1
Une catastrophe, une révolution qui ébranlera le monde entier pourra seule te ressusciter !