‹ La domination du moineChapitre 68 sur 69 · I. Fait historique · texte numérisé non relu

I. Fait historique

les quelques braves qui restaient encore, volèrent à la défense de la place, ils firent des prodiges de valeur, abattirent un nombre considérable d'ennemis. Lutte suprême et de courte durée. Les deux jeunes et valeureux champions de laliberté de Rome, frappés au même moment, tombèrent ensemble et rendirent Tàme dans les bras Tun de Tautre.

La barricade prise , Tarmée de mercenaires et d'agents entra comme un torrent d*eau écumante dans rintérieur de la manufiicture. Furieux, ces soldats du pape foulaient aux pieds les morts et cherchaient les vivants sur qui ils auraient pu assouvir leur soif de vengeance et de haine.

Le vieux Dentato avait suivi les jeunes chefs lorsqu'ils avaient couru au dernier combat. Il vit que toute résistance était vaine et que les deux héros avaient résolu de mourir sur la brèche. Il se bâta alors, avant qu'il fût trop tard de retourner au souterrain. Il y eatm et barricada la porte de chêne le mieux qu'il put.

Les assassins parcouraient toutes les pièces de la manubcture, leur cœur de tigre frémissait de rage de ne trouver partout que cadavres. Enfin ils découvrirent la porte du souterrain, n leur avait &llu du temps pour la trouver, il leur en fallut encore pour la forcer et pour organiser leur entrée dans ce lieu ténébreux. Ces retards fortunés permirent à nos Aigiti& d'échapper en sûreté.

La première semaine de novembre 1867, on vit descendre à la station de Livourne, trois femmes, un

vieillard et un jeune garçon dans tout l'ëclat de Tado* Icscence.

Le chef de cette petite société était une fille d* Angle* terre au port de reine, au front xmr et plein de douceur. La tristesse était peinte sur ses beaux traits, et elle portait des habits de deuil, — et cependant sa physionomie faisait rêver le bonheur.

Sa compagne, aussi belle et aussi triste, offrait le type le plus pur, le plus délicat de la beauté du Midi. Elle rappelait la Fornarina.

La troisième femme, belle aussi, avait été plus éprou-vée par le chagrin. Des lignes marquaient déjà son front et un air égaré se mêlait à son expression de douleur.

Le vieillard, Dentato, que Julia n*avait pas voulu abandonner à la misère, s'occupait du bagage, et Jacques aidait les dames à descendra du train. Il découvrit bientôt le capitaine Thompson et Aurélia qui étaient venus à la rencontre de Julia, les salua, et seul il put raconter les derniers événements de Rome.

— Oh! s'écria-t-ilj'ai embrassé leurs deux cadavres! Et une larme coula le long de ses joues brunies.

Il parlait d*Orazio et d'Irène qu'il aimait avec tant d*ardeur. On les avait ensevelis avec les corps des autres martyrs de la liberté.

Les femmes s*embrassèrent en pleumnt. Elles ne purent articuler une syllabe.

Le capitaine Thompson assistait en silence à cette douloureuse scène. L'émotion le gagnait, lui aussi, ce vieux loup de mer. Enfin se découvrant, il s'approcha de Julia et d'une voix émue :

— Madame, dit-il, le yacht est amarré à la jetée. Nous attendrons vos ordres. Voulez-vous embarquer aujourd'hui ?

— Oui, Thompson, sur l'heuro, et nous partirons immédiatement. Nous quittei ons l'Italie qui est devenue le tombeau de ses plus ncbles, de ses plus braves enfanta.

Julia partit emmenant sa famille adoptive à laquelle vinrent se joindre Manlio et Silvia. Ils étaient. res!és jusqu'iilors dans l'île du Solitaire.

Elle jura de ne retourner en Italie que lorsque Rome, délivrée du joug des irètre?, lui permettrait d'élever à son bien-aimé et à ses héroïques compagnons un monument national.

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