Corresp. cU Napoléon /". t. IX, 9 sept
cornes, de mérinos. Il était de cette race de préfets dont parle Beugnot : « C'était une manie, heureusement commune, parmi les administrateurs français de cette époque, que de laisser quelque monument de leur passage dans les lieux oii ils avaient été placés. » Mérite plus rare, il savait tenir tête aux chefs militaires et fermer l'oreille aux dénonciations d'une police trop zélée.
L'éducation française du pays se faisait peu à peu. a Le fait que des ecclésiastiques avaient possédé sur le Rhin la souveraine puissance militaire et financière, qu'ils avaient exercé la police et rendu la justice, qu'ils s'étaient occupés de routes, de chasse, de culture forestière, paraissait, après quelques années, comme une légende joyeuse de temps lointains. » Napoléon, en 1804, se félicitait de « l'excellent esprit» qui régnait dans ce pays ^ L'attachement à la France, à ses idées , quelque obscurcies qu'elles fussent de fumées guerrières, à ses principes libéraux, même interprétés par un despote, ne fit que s'accroître pendant dix années. En 1814, il y eut un déchirement, quand on sépara les Gisrhénans de la France et qu'on les livra à la Prusse, sous prétexte de les restituer à l'Allemagne. Ils gardèrent de leur union avec nous tout ce qu'ils purent ; le code civil est encore en vigueur chez eux. Ce pays s'était si complètement transformé à notre image, que nos lois seules pouvaient lui convenir. On oublia l'abus effréné que Napoléon