‹ La domination française en allemagneChapitre 27 sur 37 · Voir sa lettre à Talleyrand, M mal · texte numérisé non relu

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rapprochement. Tout à coup on apprit que l'Autriche avait fait élire à l'Électorat de Cologne et à l'évêché de Munster, devenus vacants, un archiduc d'Autriche, Antoine C'était ajouter une complication de plus à cette situation déjà si embrouillée: c'était arracher à la Prusse le territoire qui lui convenait le mieux : l'évêché de Munster. La rupture fut complète entre les deux grandes puissances allemandes ; la Prusse se rapprocha de la France, et il fut dès lors évident que l'arbitrage des étrangers allait résoudre cette grande et capitale question des indemnités allemandes. « Ce fut uniquement, raconte Talleyrand dans son rapport au sénat, pour mettre le sceau à la pacification de l'Europe que le premier Consul et S. M. l'Empereur de Russie se déterminèrent d'un commun accord à intervenir dans les affaires d'Allemagne pour effectuer par leur médiation ce qu'on aurait vainement attendu des délibérations ultérieures du corps germanique. » Le droit de la France à intervenir résultait, non-seulement de l'intérêt qu'elle avait dans l'organisation définitive de l'Allemagne, mais des traités de Westphalie, de ses traités particuliers avec la plupart des États allemands, Prusse, Bade, Hesse, Wiirtemberg, Bavière, enfin de la lettre même du traité de Lunéville. Le droit de la Russie, bien plus, contestable, procédait de sa participation au traité de Teschen (1779) qui avait confirmé les traités antérieurs, et surtout du besoin qu'avait le premier Consul d'associer une des grandes puissances à sa responsabilité. Bonaparte s'était déjà entendu à ce sujet avec

« son ami » le tsar Paul. La mort inattendue de celui-ci lui causa un vif chagrin *. Mais il trouva dans son fils le même désir de jouer un rôle dans les affaires européennes et surtout dans les affaires allemandes, la même admiration pour sa gloire militaire, la môme condescendance pour ses projets. Bonaparte se montra bien disposé en faveur des parents et des clients d'Alexandre I" en Allemagne: il se trouvait que la France avait autant, et même plus d'intérêt que la Russie à les soutenir contre l'Autriche. Les seuls embarras qu'il rencontra dans cette médiation partagée furent les sympathies personnelles de l'ambassadeur Markof pour les idées autrichiennes :

Les affaires d'Allemagne, écrivait Bonaparte à Alexandre, me paraissent aller lentement. Votre Majesté a des rapports d'alliance avec la maison de Baden, qui a beaucoup souffert pendant la guerre. Je désirerais connaître le degré d'appui que Votre Majesté voudrait accorder à cette maison ; ce serait le moment favorable pour lui procurer un accroissement raisonnable et proportionné à l'honneur qu'a cette maison dètre alliée à votre Majesté. Si cela pouvait s'arranger, ce serait une dette que la France payerait à ce prince si recammandable par ses vertuSf qui s'est toujours conduit avec une grande sagesse •.

Dès lors, ce ne fut plus à Ratisbonne, mais bien h Paris, par les mains du premier Consul et de ses

1. Voir Corresp. de Nap. /•', 10 avril 1801, lettre à Joseph Bontparte.

2. Corresp. de Nap. /*», t VU, 16 fév. 1802. Voir auâ»i sa lettre à Talleyrand du 3 avTil 1802.

agents, que se traitèrent les affaires allemandes. La distribution des indemnités fut pour la politique de Bonaparte le premier fondement de la future Confédération du Rhin : les princes qu'il favorisa étaient d'avance désignés pour faire partie de la clientèle française, pour entrer dans le Rheinbund^.

Nos négociateurs 5 Talleyrand, Mathieu, Bâcher, décidèrent presque souverainement de l'existence et de la fortune des princes allemands ^ Déjà étaient accourus à Paris les ambassadeurs des deux Hesse, de l'évêque de Wûrtzburg-Bamberg, du Cercle de Franconie, des princes de Lœwenstein, Isenburg, HohenzoUern, Tour-et-Taxis, des villes libres de Nurenberg, Hambourg, Brème, du Cercle de Franconie, de la curie des comtes de Wetteravie. La Bavière y était représentée par Cotta, Darmstadt par Pappenheim, Nassau par Gagern, Bade par Edelsheim et Reizenstein. Le duc et les États de Wurtemberg, qui étaient en conflit, avaient envoyé, chacun de son côté, Normann et Abel. La souplesse des princes et diplomates allemands, les grâces qu'ils avaient acquises à l'ancienne cour de France furent déployées pour séduire les diplomates de la République. A défaut du ministre, on faisait la cour au secrétaire, « à l'enfant, au chien de la maison. » Les princes du Saint-Empire jouaient à la main-chaude et au coUin-maillard dans les salons de M"' de Talleyrand. Gagern se vante de n'avoir pas

1 . Voir ses lettre» aux souverains de Bavière, de Wurtemberg, etc.^ 27 juin 1802, dans la Correspondance,

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