Voir les Mémoires du chevalier de Laiig
subi l'antique peine germanique du Flimdetragen * . On n'épargnait pas les traites sur le banquier Durand, les tabatières d'or pleines de pièces d'or. Il y eut des pibus.
Je V0U3 ai parlé, dans le travail d'hier, — écrivait Bonaparte à Fouché, — citoyen ministre, du désir que j'avais de connaître toutes les menées qui avaient eu lieu pour tirer de l'argent des princes allemands. Des escrocs, dont cette grande ville abonde, compromettetil l'honneur du Gouvernement et dupent des infortunés.
Voici les renseignements que j'ai î il doit y avoir à Paris un nommé Aach et un nommé Luban qui sont chargés des affaires (ie la duchesse de Brunswick, lesquels ont donné de l'argent pour être compris dans les indemnité?. Mettez tout en œuvre pour connaître ces étrangers et tirer d'eux, sans bruit et sans aucune intervention directe, tonales renseignements qu'il importe d'avoir *,
Mais ce n'était pas avec des tabatières d'or que l'on pouvait se flattef de modifier la politique consulaire. Elle restait fidèle aux principes qu'elle s'était posés : se lier les petits princes par des traités particuliers et séparés; donner à la Prusse une certaine satisfaction, tout en l'éloignant des frontières françaises et du centre de T Allemagne; flatter la Russie par l'apparence d'une médiation efficace et en lui donnant satisfaction surtout sur les points oti les intérêts de la France et de la Russie étaient identiques; isoler
1. Peine qui consistait, au moyen âge, à porter un chien sur son dos (en 938 et en 1155, par exemple); à la cour de Talleyrtod, à porter galamment l'rpngneul d'une belle dame.
>. Con-esp, de Nap. /", t, ym, 25 août 180i.
l'Autriche et l'obliger ensuite à accepter tout ce qu'on aurait fait. Bonaparte, dans son désir de rejeter à l'Est à la fois la Prusse et l'Autriche, et de rassembler les États secondaires en une seule masse dans l'Allemagne occidentale, aurait voulu donner le Mecklenburg à la Prusse et indemniser les deux maisons de Schwerin et Strelitz en Franconie : les deux ducs refusèrent de se prêter à cet arrangement.
Si l'Autriche boudait, la Prusse n'était pas trop contente. Elle rappelait les services qu'elle avait depuis six ans rendus à la France: la première elle avait négocié à Bâle, signé le traité de démarcation^ assuré à la République la neutralité de l'Allemagne septentrionale, isolé l'Autriche, mécontenté l'Angleterre en occupant le Hanovre. On ne lui accordait rien de ce qu'elle souhaitait : « Nous demandons Bamberg et Wiirtzburg; vous les destinez à la Bavière. S'agit-il de Munster? vous voulez empêcher tout contact entre nous et la Hollande. Du Mecklenburg? nous rencontrons l'opposition de la Russie. D'Osnabriick? l'opposition de l'Angleterre. D'Hildesheim? l'opposition de la régence de Hanovre. D'échange de convenance entre le Hanovre et nous? l'opposition du Danemark. Nous ne pouvons faire un mouvement, étendre un bras, sans rencontrer un obstacle *. »
Pourtant, le 23 mai 1802, Bonaparte avait signé avec la Prusse une convention par laquelle il lui promettait une partie des abbayes et évêchés westpha- »