SCENE XIV
CÉCILE, RAYMOIfD.
cÉriLR. Vous êtes encore Ici , M. Rayaiond !.. oh ! qœ je suis heureuse de Toas revoir!
lATHON». Heureuse!., vous me trompez!..
CÉCILE, étonnée. Monsieur!..
RAYMOND. Écoutez-moi, M"< Cécile, j'ai un grand secret à vous révéler.
CÉCILE. A moi?..
R.iYMOND. 11 y a un mois environ, je vous quittai pour aller en Normandie, à la recherche d'une famille que j'avais le plus grand iulérél à rencontrer... une dame et sa fille...
CÉCILE. En Normandie!., une dame et .3a fille!..
RAYMOND. Oui, dans la petite ville de Bolbec.
CÉCILE. Bolbec! se peut-il?..
RAYMOND. Et dans le voisinage du beau château de Morauviilc... dout 00 leur dispute injustement la propriété.
CÉCILE. M. Raymond...
RAYMOND. Cette dame et cette fille, je les ai trouvées enfin... et j'éiais loin de penser que Cécile et sa mère étaient l'épouse et l'unique enfautdu comte de Moranville, Ueutcoaul-géDéral , mort dansl'cxll.
CÉCILE. Qui vouân doue appris?..
BAYMOND. L'homm oit tout savoir dans Paris.
CÉCILE. Comment a-t-fl pu découvrir?..
BAVMo.ND. Oij'iinportc?.. res.spnliel, c'est que Je vous aie retrouvées^, je puis remplir le message dont je suis chargé par M. le comte et M"** la comtesse d'AII)erg . vos adversaires.
CÉCILE. Ah! monsieur, de grâce... ne prononcez pas ce nom... si ma mère l'entendait... le rorale d'Alberg nous a fait tant de mal...
RAYMONo. Vous nc le haïrez peut-être plus, quand vous saurez que c'est lui qui m'envole vers vous... pour rendre l'honneur à votre père... en tenninant ce fatal diCTérend.
CÉCILE. Qu'entends-Je?..
BAYMOMD. Ou plutôt, en vous faisant gagner votre procès... car, cell» contre-lettre , que vous avez si long-temps cherchée, Cécile...
CÉCILE. El bien?..
BAYMo.ND. La voici!..
CÉCILE. Il se imurralt ! (Elle la regarde.) C'est donc à vous, M. Raymond ,. que Je devrai toujours la jioie et le bonheur... Mais , comment se fait-il que &1. le comte d'Alberg...
RAYMOND. Il pensait êlrc dans son droit... il n'avait Jamais entendu parler de cette pit^ce Impnrtaule... lorsque, tout-à-coup, un message arrivé de Pliliadelphié et signé, (iranger...
cÉciLi:. C'est le nom du notaire de Rouen. ,
RAV^fOND. Il avait appris l'issue de ce procès, et il écrivait au comte d'AUjcrg, pour lui annoncer que la Jusiicc s'était lrom|)ée, et que laconlrelellre élail déposée chez un notaire de Bruxelles... Le comte, à cette lectuje, fut frappt' d'un chagrin mortel... Il versa des pleurs... (Je lésai vus. Ceci»...] des pleurs amers sur son injustice, et dégoûté du monde, il so retira dans une de ses terres , après avoir cédé ses emplois , ses dignités à son ni 5 unique... et il m'envoie vers vous, chargé de ce litre qui rend à votre père l'honneur, et à votre mère et à vous, une fortune, que les hommes allaieni si impitoyablement vous ravir... Vous voyez, M"' Cécile , que M. le comte d'Alberg n'est pas si coupable que vous avez dû le penser.
CÉCILE. Ah!., oui... oui... monsieur... ce que vous m'apprenez pénètre mon arae de la reconnaissance la |ilus vive pour lui... pour vous, M. Raymond... qui semble/, être un ange envoyé de Dieu , pour flnir les malheurs de ma mère et les miens!.. Jiia mère!., je n'ose pas lui apprendre ce charnîPiiieiit de fortune... elle Va moOTir de joie peut-être .. car l'avenir de sa Ûlle esl assuré. >.t- 4\v *■ •, « ■* i-rr ' r- : *»• ia
RAYMOND, «vcc amertume. Votre avenir !.. ah! oui, maintenant.!. tf#nAa*riage brillant... un époux de votre choix... ce M. de Beaumunl...rque vois aimez...
CÉCILE. Qui vous a dit?..
BAYMOMD. Mais... lui-même.
CÉCILE. Il vous a dit que Je l'aimais !
■ATMoxB. Ne lui avez-vous pas fait cet aveu?
CÉCILE. Moi? A lui! à lui!.. Et vous avez pu le croire!..
BAVMOMD. Votre cœur serait libre?..
cÉcaE. Non, il nc l'est pas!
BAYMONO. Grand Dieu!., cependant vous avez promis d'épouser M. do BnowvnL..
CKCu.F. J'ai promis d'épouser relui qui rendrait à ma mère sa fortune... ' quels que .'^oiont son rang, .«ion élal... et d'après ce serment. Vous VOjex bien que ce n'est pas à M. de Bcaamout*iuejcd»ls aijparlenlfl . j^ a»
«AYMo.NO. Cécile!.. ^ ' ^ • >♦*! " cu<4