SCÈNE XIII
SUZETTE, puis ADOLPHE, entrant par la
droite.
SU7.BTTE.
Ah! c'est un honnête homme, et mon cœur me ditquc j’ai raison de lesuivre... (Adolphe paraît.) Ciel! monsieur le comte!...
Adolphe, avec douceur et n'osant pas s'avancer.
Oui, c’est moi, Suzette... moi qui viens me jeter à tes genoux et implorer mon pardon... Tantôt je n’ai écouté que mon amour, que mon désespoir... i Oh! vois-tu, quand j’ai appris que tu allais appartenir à un autre, tu ne peux savoir ce qui s’cst passé en moi... car, Suzette, tu peux bien ne pas être à moi, mois, sache- le, je ne consentirai jamais à te céder à un rival !
suzette, tremblante.
Mais, monseigneur, vous aviez promis de partir, de vous éloigner...
adolpiir, la faisant descendre , et avec joie.
Oui, je partirai... à présent, je le puis, car devant tous, devant Dieu, j'ai déclaré que je l’aimais... (solennellement) et c’est un lien, Suzette, que nulle puissance au monde ne peut briser, et qui, malgré tous, malgré ma mcrc elle-même, l'oblige à u’être qu’a moi.
suzette, avec effroi.
A vous!... oh! jamais! jamais!
Adolphe, vivement, et avec beaucoup de douceur .
Oh! ne dis pas ce mot... ma mère ne sera pas toujours inflexible... tu ne sais pas comme elle m’aime... elle t’aime aussi... avec passion ) qui ue t'aimerait pas?... Oh! je la prierai tant, voistu, qu’elle cédera à mes prières, à mes larmes... Mais toi, pour que je parle moins malheureux, dis, Suzelle, que lu ne m'eu veux pas... dis que tu me pardonnes.
Eu ce moment on entend l'Angclus tinter deux fois trois coups.
suzette, à part, et -tressaillant.
Le sigAal ! déjà !... ô mon Dieu 1
ADOLPHE
Suzclte, tu ne me réponds pas !
SUZETTE
Eh bien, oui... je vous pardonne... (D'une vote tremblante et très-émue.) Monsieur le comte, nous allons nous séparer, c’est la volonté de votre mère... pour longtemps peut-être...
Elle lui montre sa croix.
Adolphe, avec joie.
Ma croix !
U'Àngelus commence ici, et accompagne dans le lointain lo couplet qui doit être chanté à demi-voix.
sczette, pouvant a peine parler.
Air de l’Ange lus.
Sur cotte croix, matin et soir,
Pour vous et votre tendre mère,
Je veux, sans trahir mon devoir,
Au ciel adresser ma prière (bit).
11 vous donnera le bonheur,
S'il entend ma plainte secrète...
(Avec larmes.)
Quoi qu’il arrive, monseigneur,
Ah ! n’accu-sez jamais mon coeur
Mais plaignez la pauvre Suzette !...
Ses larmes l’empêchent de continuer; elle sort vivement par la porte d gauche.
adoi.phe, un moment éloigné.
Suzette 1... que veut-elle dire?... (Avec exal i ration.) T'accuser!... ange... t’aeeuserl... oh! jamais! jamais!... si douce! si bonne! et pas un mot!... pas un reproche pour tous mes torts!