‹ La dot de Suzette drame en quatre actes, mêlé de chantChapitre 9 sur 69 · SUZETTE, ADOLPHE · texte numérisé non relu

SUZETTE, ADOLPHE

ADOLPHE

Surette, où vas tu?

8UZETTB.

Monseigneur... permetter-moi de me retirer...

Oh 1 pas avant de m'avoir dit le sujet de tes larmes.

SUZETTE

Vous m'accusez, et vous ne voulez pas que je pleure î

ADOLPHE

Oh ! oui, c'est vrai ; j'ai ètè injuste; mais aussi c'est que tu n’as pas pitié de moi ! Pourquoi me faire ainsi de la peine î Cette croix, pourquoi me la cacher, puisque lu l’avais? Pourquoi me faire penser que tu n'y tenais pas? (Soupirant.) Ah! Suzette, depuis mon retour de Paris, tu n és plus la même... tu me fuis, tu évites de me parler... Autrefois, ce n'était pas ainsi... Roppelle-toi ccs jours de notre enfance, ces jours de bonheur où j'étais toujours près de toi, à Champincile, chez la mère, ma bonne nourrice... Tu ne me fuyais pas alors.

Am de Leitoeq.

A la ferme quand je venais,

Au devant de moi tu courais ,

Surette !

Et la première, tu m'offrais

Ton doux visage, et tes bouquets Moius frais.

Rappelle toi notre amitié I...

SUZETTE

Ah! mon cœur n’a rien oublie I (Avec respect.)

Comme autrefois avec plaisir,

Suzette encore à vous servir Est prête ;

Mais c’est qu’à présent, par malheur,

De vous offenser, monseigneur, i’ai peur.

DEUIIÀHE COUPLET.

ADOLPHE

Que peux-tu craindre auprès de moi?

Me suis-je plus toujours pour toi Le morne ?

SUZETTE

Ah ! cessez de parler ainsi I .

Tout ce bonheur est aujourd’hui Fini.

Tout nous sépare maintenant,

Votro naissance, et votre rang!...

ADOLPHE

Auprès de toi, je l'oubliais!...

(Avec passion.)

Tu l’oublierais, si tu m'aimais De même I...

SCZF.TTE.

AhI j’ai toujours le même cœur!

Mais auprès de vous, monseigneur,

J’ai peur.

Adolphe lui prend la main qu’il porte à set lèvres » Suzette s’éloigne vivement.

Ah! monseigneur, laissez moi! laissez-raoi vous quitter... retourner près de votre mèrel adolphe, tressaillant.

Ma mère!

SUZETTE

Oh! quand j’étais sans pain, sans asile, c’est elle qui m’a recueillie, qui m’a élevée, qui a formé mon esprit, développé mon cœur... Et pendant votre absence, j’ai été bien malade! Savez-vous où elle m’avait fait transporter? Près d’elle, dans sa chambre... Et une nuit, que le délire m’avait quittée, j’entendis prés de moi murmurer une prière, au milieu des sanglots... C’était encore votre mère! votre mère kicn-aimée, qui demandait à Dieu de conserver les jours de sa chère Suzette.

Adolphe, avec exaltation .

Oh! je lésais, Suzette, et je l’en aimerais encore davantage, si cela était possible... car, vois, depuis un mois, le ministre me rappelle; mon avenir dépend de mon obéissance. .. Eh bien ! malgré ses ordres, malgré le désir de ma mère ellemême, je reste auprès de toi, auprès de toi que j'aime, et dont je ne puis me séparer!

SUZETTE

Oh! taisez-vous I taisez-vous !

ADOLPHE

Oui, Suzette, cet amour que j'ai eu pour toi dès nos plus jeunes années, cet amour, il est devenu ma vie entière! ma seule ambition!... et si quelqu’un voulait s’y opposer, fût-ce ma môrel...

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