SCÈNE VIII
Les Mêmes, LA COMTESSE, paraissant sur tel marches du pavillon.
LA COMTESSE
Eh bien, que feriez-vous, mon SU?
ADOLPHE
Grand Dieu! ma mère!
SUZETTE
Ah ! madame, pardon.
la comtesse, allant d elle*.
Relcvei-vous, Suzette ; j’ai tout entendu, et ce n’ett pas à vous que j’ai le plus à pardonner...
ADOLPHE
O ma mèrel éeoutei-moi... A présent voul •avez mon secret... Eh bien, oui, j'aime Suzette 1 je l’aime d'un amour profond, invincible»
* Surette, la Comtesse, Adolphe.
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la comtesse, sévèrement.
Et qu’espérez-vous de cet amour, de celte passion insensée? J’ose croire qu’elle ne vous a pas égaré au point de songer à séduire Suzctle... à déshonorer la maison de votre mère.
Adolphe, exalté.
Oh! loin de moi la pensée de perdre le respect que je vous dois, madame; mais sans la crainte de vous affliger, qui pourrait m'empêcher d'épouser Suzette ?
T. A COMTESSE
Épouser Suzctle!... vous!...
SUZETTE
Oh! monsieur le comte, que dites-vous! Vous savez bien que cela est impossible!
LA COMTESSE
Celle enfant a plus de raison que vous... elle entrevoit tous les malheurs qui résulteraient d’une union aussi disproportionnée.
Adolphe , avec desespoir.
Mais vous voulez donc que je meure, madame?
car sans elle, sans Suzelte, je ne puis aimer la vie!
LA COMTESSE
Et moi, ingrat, et moi ! je ne suis donc rien pour toi!... O Suzctle! Suzettc! vous m’avez enlevé le cceur de mon fils ! ...
Elle s’assied, en pleurant, près de la table.
Adolphe, aux genoux de sa mire.
Ohl pardon, ma mère, pardon, si j’ai pu vous faire douter un instant de mon cœurl moi... moi qui donnerais mes jours pour prolonger les vôtres 1... Mais pour vous prouver ce dévouement, dont vous semblez douter, dites, ordonnez... Que faut-il faire?
la comtesse, d'une voix altérée y et relevant la
fête.
Il faut faire ce que vous remettez de jour en jour... ce que, depuis un mois, votre devoir vous commande. Il faut vous rendre aux ordres du ministre, qui s’étonne de vos retards; c’est ce que me fait écrire le comte d’Osmond, qui fut le meilleur ami de votre père, et qui vous lime comme un fils. (l'Ale se lève.) Le trône est menacé! allez le défendre... c’est là qu’est votre place*.
Air du Soleil de Bretagne (M*t* L. Pugct).
Partez, mon (ils, à la voix de l’honneur.
Si jeune encor, vous déjà qu’on renomme I
A son pays un vaillant gentilhomme
Doit son épée, et son bras? et son cœur !
ADOlPltl.
Qui I moi partir, madame 1 Ah ! vous me brisez l ame I Moi, la quitter, hélas 1...
Oh ! ne l’exigez pas !
stiZETTE, en larmes.
Ah ! de partir l’honneur vous fait la loi ;
Tout nous sépare aujourd’hui sur la terre.
Obéissez à votre tendre mère...
C’est votre mère !
Partez 1... oubliez-moi 1
T’oublier, Suzette? jamais!... (Jlfouvement de ta Comtesse.) Mais je vous obéirai, madame ! Je
* La Comtesse, Adolphe, Suzette.
j vais partir m’éloigner d’elle .... Oh! mon
cœur est déchiré! mais j’aurai prouvé à nia
mère tout mon respect pour ses volontés... j'au—
! rai rempli ce que vous appelez mon devoir. (Mon- : Iront Suzette , qui cache ses larmes avec son mou- ~ choir.) Je ne vous la recommande pas , madame...
| je connais votre bonté... promcltez-moi seulement ! de lui parler quelquefois de celui qui, loin de I vous, loin d’elle, sera bien malheureux!...*. Et maintenant... adieu , madame.
la comtesse, remontant.
Adolphe!...
ADOLriic remonte.
Oh ! ne me retenez pas ! Je sens que si je restais un instant de plus, je ne pourrais plus la qui t- ! ter. Adieu! adieu !
11 sort précipitamment par le fond à droite. Musique.
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