ALPHONSE, YSEULT
ALPHONSE
Qu’avez-vous donc, Yseult? et pourquoi cachez-vous Sous vos longs cils l’éclat de vos regards si doux, Dites-moi, d’où vous vient cette mélancolie?
Pensive, croyez-vous paraître plus jolie,
Cet air vous sied fort bien ; mais pourtant j’aime mieux Voir comme un vif éclair la gaîté dans vos yeux.
Je vous préfère alors, que vous êtes moins digne, Quand vos cheveux flottans sur votre cou de cygne, Sans rider votre front de soucis nuageux.
Vous cherchez avec nous les plaisirs et les jeux. Allons, vite, prenez la toque d’amazone,
J’aime à vous voir porter sa légère couronne;
Venez, nous rappelant les reines d’autrefois,
La cravache à la main, chevaucher dans le bois. L’automne va s’enfuir : le froid hiver nous gagne, Jouissons des plaisirs qu’offre encor la campagne.
Le bois, sans doute, aura des visiteurs nombreux.
J’ai fait deux ou trois tours dans ses sentiers poudreux. Le vieux fou de Dolban y fait déjà figure,
A côté de sa femme il était en voiture,
Ils vont venir...
yseult, avec humeur.
Toujours votre dame Dolban î Le scandale a rangé cette femme à son ban !
Je ne veux plus la voir, entendez-vous?
Alphonse, élonné.
Cousine,
yseult, à pari.
Qu’a-t-il dit? j’oubliais déjà mon origine;
Avoûrai-je les torts de mon père envers lui?...
Oh! non, je rougirais; mais je veux qu’aujourd’hui Il apprenne tout, oui.
ALPHONSE
Donc, point de cavalcade !
YSEULT
Je vous suivrai, pardon de ma folle incartade;
J’ai tout à l’heure ici reçu monsieur Dorfeuil,
Il reviendra bientôt.
(Elle sort. )