SCÈNE XIII
ALPHONSE, Seul .
Ah ! si jamais accueil
Plein de froideur, d’un fat a glacé l’insolence,
Mons Dorfeuil, aujourd’hui, comprendra mon silence La nature en formant ce lion n’oublia Que le cœur, remplacé par un camélia.
Au perron Tortoni, le cigare à la bouche,
Vis-à-vis des passans, il prend un air farouche ;
Il se pose en vainqueur devant qui tout a fui ;
Mais on le connaît trop pour avoir peur de lui...
De cette émotion aurait-il été cause ?
Mon Dieu ! tant de raisons, et pour si peu de chose, Elle est femme; elle a droit dans un même moment De changer sans motif, de goût, de sentiment.
Voilà son privilège. Yseult étant de celles A qui tout est permis parce qu’elles sont belles, J’oublie à ses côtés jusqu’à mes intérêts;
Elle riche, moi pauvre I et malgré ses attraits Il faut penser enfin à mon sort ; voici l’âge De choisir un état qui soit solide et sage,
Il est temps de m’ouvrir une carrière, ou bien Je dois me résigner à n’être jamais rien.
Je le sens ; mais j’ai mis mon devoir et ma joie Aux soins où ma cousine incessamment m’emploie C’est-à-dire, à chercher votre aiguille ou vos dés,
A crayonner les fleurs, Yseult, que vous brodez ;
A vous faire des vers, à choisir une étoffe Capable de troubler l’esprit d’un philosophe,
A tourner au pupitre où je m’en vais m’asseoir,
Vos cahiers de musique, alors que vers le soir Vous posez votre main sur la harpe docile,
Telle que dans les cieux on peint sainte Cécile ;
Et ces soins en effet semblent plus importans,
Que tous ceux de l’État, Yseult, à mes vingt ans [Avec gaîté.) Voici monsieur Dolban, bravo 1