‹ La double épreuve; comédie en un acte et en versChapitre 22 sur 30 · SCÈNE XIX · texte numérisé non relu

SCÈNE XIX

Je ne veux pas tramer de mystérieux plan.

De vos obscurs moyens ma franchise est blessée ; Nous vivons dans un temps où règne la pensée ,

Où sous l’œil du public, le front haut et debout, Marchant en liberté, l’on peut atteindre à tout;

Je suis bien jeune encor, mais je porte en mon âme Un instinct qui me guide, une secrète flamme... Lorsque se mêle au bruit de vos brillans salons ,

Où la mode a semé ses légers papillons ,

Quelque nom illustré parla plume ou l’épée,

Ma mémoire long-temps reste préoccupée;

Quand l’histoire m’instruit à ses hautes leçons,

Je sens passer en moi d’électriques frissons ; J’ajoute en quelque sorte une part de ma vie A celle des héros que mon orgueil envie.

Je hais le mal , j’ai pris en un dégoût profond ,

Tout ce qu’en général les autres hommes font.

Sur les débris d’autrui , leur fortune se hausse;

Je trouve au plus grand nombre une âme lâche et

[fausse.

Ne me parlez pas d’eux, donnez, donnez plutôt Ces conseils à quelqu’autre... à Dorfeuil...

MAD. DOLBAN.

C’est un sot ;

11 a mangé son bien , ruiné sa famille ,

Et s’il n’arrive à plaire à quelque vieille fille Portant avec sa dot un minois contrefait ,

C’est un homme perdu, qu’on fera sous-préfet,

A moins qu’ayant cessé de se croire un oracle ,

Il ne quitte la vie ainsi que le spectacle,

Avant la fin. .. Tenez laissons là ce dandy.

Mais vous , vous...

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