‹ La double mépriseChapitre 15 sur 61 · Usage iilyrien · texte numérisé non relu

Usage iilyrien

— «C'est la robe de ton père, Jean Veliko, qui n'est pas encore vengé; c'est la robe de Jean Estivanich, qui n'est pas vengé, parce qu'il n'a pas laissé de fils. >

Le chasseur est devenu triste; il ne boit plus d'eau-de-vie de prunes; mais il achète de la poudre à Segna : il rassemble des heiduques et des cavaliers.

Le lendemain de la Pentecôte, il a passé la Mresvizza, et il a vu le lac noir où il n'y a pas de poissons : il a surpris les trois beys de l'est tandis qu'ils étaient à table.

— «Seigneurs! seigneurs! voici venir des cavaliers et des heiduques armés : leurs chevaux sont luisants; ils viennent de passer à gué la Mresvizza : c'est Alexis Veliko. »

— « Tu mens, tu mens, vieux râcleur de guzla. Alexis Veliko est mort . je l'ai percé de mon p.oignard. » Mais Alexis est entré et â crié : € Je suis Alexis, fils de Jean! »

Une balle a tué Nicolas Jagnievo, une balle a tué Joseph Spalatin; mais il a coupé la main droite à Fédor Asiar, et lui a coupé la tête ensuite.

— € Enlevez, enlevez ces robes sanglantes. Les beys de l'est sont morts. Jean el George sont vengés. L'aubépine de Veliko a refleuri ; sa tige ne périra pasM »

1. La vengeance passe pour un devoir sacré chez les Morlaques. Leur proverbe favori est celui-ci : Qui ne se venge pas ne se sanctifie pas. En illyrique, cela fait une espèce de calembour : Ko ne U osveti onse ne posveti Osveta, en illyrique, signifie vengeance 6t sanctification.

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