‹ La double mépriseChapitre 31 sur 61 · BARCAROLLE · texte numérisé non relu

BARCAROLLE

Pisombo^, pisombo ! la mer est bleue, le ciel est serein, la lune est levée, et le vent n'enfle plus nos voiles d'en haut. Pisombo, pisombo !

Pisombo, pisombo ! que chaque homme prenne un aviron; s'il sait le couvrir d'écume blanche,

1. Ce mot n'a aucune signification. Les matelots iUyriens le répètent en chantant continuellement pendant qu'il rament, afin d'accorder leurs mouvements.

Les marins de tous les pays ont un mot ou un cri à eux propre, qui accompagne toutes leurs manœuvre?.

nous arriverons cette nuit à Raguse. Pisombo, pisombo !

Pisombo, pisombo ! ne perdez pas de vue la côte à votre droite, de peur des pirates et de leurs bateaux longs remplis de sabres et de mousquets *. Pisombo, pisombo !

Pisombo, Pisombo ! voici la chapelle de saint Etienne, patron de ce navire. — Grand saint Etienne^, envoie-nous de la brise; nous sommes las de ramer. Pisombo, pisombo !

Pisombo, pisombo! lu ùeau navire, comme il ebéit au gouvernail ! Je ne le donnerais pas pour la grande carraque qui met sept jours à virer de bord^ Pisombo, pisombo!

1. Plusieurs de ces bateaux portent jusqu'à soixante hommes, et ils sont tellement étroits, que deux hommes de front ne sont pas assis commodément.

2. Chaque bâtiment porte en général le nom du saint patron du capitaine.

3. Cette ridicule plaisanterie est commuoe à tous les peuples marins.

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