Général en chef
— Ni au tzar ni au césar * ! mais à mon gendre Kobilich, qui veut me trahir, comme Judas a trahi son Créateur!
Milosch Kobilich jure par le Pieu tout-puissant qu'il n'y a place en son cœur pour la trahison ou la mauvaise foi. Il saute sur ses pieds de brave et rentre dans ses blanches tentes. Jusqu'à minuit il pleure ; après minuit il fait sa prière à Dieu.
Quand l'aurore a blanchi, quand l'éloile du matin a montré son front, il monte sur son meilleur cheval et galope au camp du sultan.
Milosch prie les gardes du sultan.
« — Laissez-moi entrer dans la tente du sultan. Je lui livrerai l'armée de Lazare; je remettrai Lazare entre vos mains.
Les Turcs crurent Kobilich et le menèrent aux pieds du sultan. Milosch s'agenouille sur la terre noire; il baise le pan de la robe du sultan, il baise ses genoux. Soudain il saisit son hanzar et frappe Murât au cœur; puis, tirant son sabre suspendu à son côté, il hache les pachas et les vizirs*.
i. Probablement en portant des santés on commençait par celle du roi, puis celle de l'empereur d'Allemagne.
2. Amurat vécut encore assez pour apprendre le succès de la bataille de Cossovo.
Quelques auteurs racontent sa mort différemment. Us disent qu'après la défaite des Serviens, le sultan, parcourant
Mais il eut aussi un triste sort, car les Turcs le dispersèrent sur leurs sabres. Ce que fit YukBrancovich, ce qu'il fit, qu'il en réponde devant Dieu.
à pied le champ de bataille, remarquait avec surprise l'extrême jeunesse des chrétiens qui jonchaient la plaine de Cossovo.
— Il n'y a que de jeunes fous, lui dii un de ses vizirs, qui osent affronter tes armes.
Un Servien blessé reconnaît le sultan, il se relève d'un effort désespéré, et le blesse mortellement de son poignard. 11 fut aussitôt massacré par les janissaires.
On dit, à l'appui de l'autre version qui fait mourir Amurat de la main de Milosch, que c'est depuis cette époque que les ambassadeurs paraissent désarmés en présence des empereurs ottomans. Le général Sébastian! est, je crois, le premier qui ait refusé d'ôter sou épée lorsqu'il fut présenté au sultan Sélim.
Vuk Brancovich livra aux Turcs le corps d'armée qu'il commandait. Lazare combattit avec valeur; mais son cheval gris-pemmelé s'étant échappé, fut pris par les ennemis, qui le promenèrent en triomphe de rang en rang. Les Servions, à cette vue, croyant leur roi mort ou prisonnier, perdirent courage et se débandèrent. Entraîné dans la déroute, Lazare fut pris vivant, et bientôt après égorgé par ordre de Bajazet, comme une victime offerte aux mânes ii son père.
On prétend que la main droite de Milosch Kobilich, enchâssée dans de l'argent, fut attachée au tombeau d'Amura .
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