L'ÉLAN DE MES ENFANTS M'HONORE
Eh bien! une seule réflexion suffit pour corriger l'enflure théâtrale et un peu gasconne de ce manifeste, c'est qu'au moment où M. de Franche ville publiait sou serment, son fusil à la Paoli, ses pistolets, son sabre, sa baïonnette étaient prêts, sa dépense, ses frais de route calculés; c'est que, au l^"" avril, le cas échéant, il n'eût pas hésité d'une minute à faire le sacrifice de sa vie et de celle de ses enfants. Il eût embrassé sans faiblesse sa femme et ses filles, et il eût emmené ses deux fils, sans leur laisser le temps, sans leur reconnaître le droit de se dédire. Il eût agi, j'en suis sûr, avec autant de simplicité que son langage avait d'emphase, et c'est par là qu'il échappe au ridicule ; et c'est ainsi que cette vertu, superflue dans une société régie par la diplomatie et gardée par des armées permanentes, mérite encore tous nos respects. Ce qui sauve d'ailleurs la mémoire du comte de Francheville, c'est l'honorabilité de ses fils, devenus des hommes aguerris et industrieux, à travers cette éducation de pionniers et de caraïbes.
M. de Francheville fut emporté, en 183*, par l'épidémie. Sa mort dut être un passage sans troubles
«tsanstempôtes. Nulle lerrour, nul remords n'agita 5on âme prête à partir; car bien mourir c'est encore la science des héros.