‹ La douce et sainte mortChapitre 1 sur 20 · JÉSUS-CHRIST · texte numérisé non relu

JÉSUS-CHRIST

Je serais le plus injuste et le plus ingrat de tous len hommes , si , connaissant le rang que vous tenez dans la Camille de Dieu , et les obligations que vous a toule l'Eglise, je ne vous donnais dans mes ouvrages quelque marque de respect et de ma reconnaissance , et si je ne faisais servir à vos louanges la plume que j'ai consacrée à la gloire de Marie votre épouse.

Quand je considère les emplois honorables que vous

avez exercés sur la terre > de père, de parrain , de

tuteur et de sauveur de Jésus-Cbrist. Quand je songe

à ces éminenles qualités que vous possédiez d'époux

de la plus pure des Vierges , d'ange tulélaire de la reine

du ciel; de défenseur de la vie, de l'honneur , de la

pureté de la Mère de Dieu. Quand je vous vois dans le

temple racheter le Rédempteur du monde , des deniers

que vous aviez gagnés par le travail de vos mains , et

acquérir par cet achat un domaine légitime sur un en-

j faut qui vous appartenait déjà par le droit d'éducation ,

.:3 par le lien sacré du mariage , par Tautorité que vous

^ aviez sur votre épouse , et par les services que vous lui

g aviez rendus* Quand, dis-je> je me propose devant les

2 y^ux le tableau de vos verlus qui vous ont rendu digne

''^'* d'être le père et le précepteur d'un Dieu ^ V^^>a. ^

^ rexpression parfaite de la p\u« «^lAA^V\^\^^^^^^^

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"^ Él'ITRE.

de toutes les créatures; j'entre dans un ravissement d'esprit qui m'ôte l^usage de la parole , et qui ne me laisse que la liberté de vous dire , ce que saint Ambroisc dit de la Vierge Marie votre épouse : Qu'il n*y a qu'un Dieu qui vous connaisse et qui vous paisse louer selon votre mérite.

Mais si votre vie fait l'admiration de tous les esprits , votre mort fait le désir de tous les cœurs. C'est la plus douce et la plus sainte de toutes les morts , puisque vous avez eu la consolation de mourir entre les bras dé Jésus et de Marie i et qu'on peut dire très*justement de vous, ce qu'on dit du législateur Moïse , que vous êtes mort dans le sein de la grâce , et dans le baiser du Seigneur.

que mon âme meure de la mort des justes, et que ma fin soit semblable à la leur. C'est vous qui êtes le juste par excellence , puisque Dieu vous a bonoré de celle qualilé dans l'Évangile, él que vous en avez rempli tous les devoirs par la sainteté de voire vie. Obtenez-moi » grand Saint , la grâce de mourir comme vous entre les bras de Jésuset de Marie, et bénissez cet ouvrage , afin qu'il rende la mort de ceux qui le liront , douce et sainte comme la vôtre. C'est la fin que je me propose , et la grâce que je me promets de votre bonté, qui ne manquera jamais d'exaucer ceux qui la réclament , et dont tous les chrétiens qui vous hono" rent ressentent continuellement les effets. Ainsi soit- II.

ET

C'est le sentiment de tous les sages y qu'il faut délibérer long-temps sur les affaires de grande importance, dont l'événement est douteux, les suites funestes , et les fautes inséparables.

Il y a des gens qui se font des affaires de tout ; il y en a d'autres qui ne s'en font de rien. Ces deux extrémités sont à craindre. C'est une faiblesse d'esprit de donner tous ses soins et toute son étude à des bagatelles; mais c'est une grande imprévoyance de négliger l'affaire du monde la plus importante ,^ qui est celle de son salut On se doit jouer des menues occupations de la vie ; mais on doit penser avec toute l'application de son esprit aux moyens d'assurer son éternité. Magna negotia magnîs negotiationibus egenL

Et c'est cependant à quoi l'on pense le moins : car. c'est la mort qui ferme le temps , et qui ouvre l'éternité , et la plupart des hommes éloignent tant qa'ils peuvent de leur esprit le souvenir de la mort ;

les uns parce qu'ils l'appréhendent trop, les autres parce qu'ils ne l'appréhendent pas assez , se persuadant qu'ils auront toujours assez de temps pour y penser.

Voilà ce qui damne la plus grande partie des chré« tiens : car la foi nous assure que celui qui ne songe point à mourir , sera surpris de la mort : et la mort imprévue a toujours passé pour une marque certaine de réprobation.

C'est ce qui m'a fait résoudre à donner ces instructions au public 9 qui auront, comme je l'espère, deux effets. L'un est de rendre la mort douce et agréable à ceux qui l'appréhendent trop ; l'autre de la rendre sainte et heureuse à ceux qui ne l'appréhendent pas assez. Pour la rendre douce , j'apporte tous les motifs qui nous la peuvent faire aimer. Pour la rendre sainte , je propose toutes les raisons qui nous obligent à nous y préparer, et j'enseigne les pratiques qu'il faut garder au commencement , an progrès et à la fin de la maladie.

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