ACTE DEUXIÈME
DEUXIÈME ÉTUDIANT
Parlez...
PREMIER BOURGEOIS, Tivement.
Ce serait un blasphème !
DEUXIÈME ÉTUDIANT
Ce que Ton nous a raconté De la Sainte que chacun aime Peut-il donc être contesté ?
Sainte Hilda...
ETIENNE, jeune ml lai* Tenant du font, tenant la taille de Myrtha,
sa fiancée, à liaule voix.
Qu'elle soit bénie La bonne Sainte aux cheveux d*or !
C'est à sa tendresse inQnie Que je dois de pouvoir encor Sentir ta tête parfumée Sur mon sein, ô ma bien-aimée !
Il serre la jeune fille contre lui et la baise au front. MYRTHA, avec tendresse, à Etienne.
C'est elle qui t'a conservé
A l'amour de ta fiancée
Et la sombre angoisse est passée...
C'est bien toi, je n'ai point rêvé !
MAITRE ANDRÉ, au jeune soldat.
Etienne, n'est-ce pas ?
ETIENNE
Oui, Maître, Que vous avez vu tout petit
Et qui, voilà deux aug, partit Pour faire la guerre, en bon reîli-e I D'hier seulement revenu Après mainte et mainte bataille...
MgoLrsnt »)□ troal.
Rapportant là certaine entaille Qui lui mit lu cervelle à nu I
Dans la grande nuit désolée Il gisait, après la mêlée, Parmi les morts, A demi-mort.
En un suprême et long effort 11 mit sa lèvre desféchée Sur celte médaille en or an Qu'à son cou J'avais attachée*..
Alors, ^ d miracle divin I — 11 vit, blanrJie soub ses longs voiles, Le front tout couroanë d'étoiles La bonne Sainte, lentement Descendre du haut firmament Et, glissant par les étendues, Venir à lui, les mains tendues...
ETIENNE, (DilUnsaai.
Un souffle pur, délicieux,
Passa sur mon front, sur mes yeux...
Je crus revoir les traits fidèles
De ma mie, au regard charmant...
Puis bieutàt, très suavement,
Je m'endormis dans un bruit d'ailes...