‹ La douceur de croire: pièce en trois actes, en versChapitre 22 sur 33 · ACTE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIÈME

MAITRE ANDRÉ

Ça, bon ouvrier, A-t-on travaillé cette année?

SIMON

Oui, certeî... On a fait bon travail, Rude besogne bien menée I

MAITREANDRÉ.

Et c'est?...

SIMON

tJn grand, un beau vitrail Pour la chapelle latérale De notre église cathédrale.

MAITRE ANDRÉ

Et quel sujet nous montre-t-il.

Ton vitrail?

SIMON, comme décriyant un vitrail.

Par une journée Rayonnante de fin d'avril, Dans la campagne illuminée Par les feux du soleil couchant.

On voit la Sainte chevauchant Sur une blanche haquenée.

Elle va traverser un gué ; Près d'elle, un soldat fatigué Puise de Teau dans ses mains jointes ; Sur le ciel, rouge comme enfer, En un hérissement de fer.

Au lointain se dressent les pointes Des lances des bons chevaliers.

A droite, à gauche, deux piliers

Où s'enroulent en banderoles

Autour d*un chapiteau doré

Les belles et simples paroles

De la Sainte; « A bon droit, j'irai!... »

Enthousiaste.

Et dès que le soleil en joie A travers mon vitrail flamboie, Ces quatre mots fiers et hardis, Vivantes lettres de lumière, Semblent, sur les dalles de pierre, Tomber tout droit du Paradis!

MAITRE ANDRÉ, arec doute, ré?eur.

Les quatre paroles données Pour sa devise ! quatre mots Répétés depuis tant d'années Par tant de menteurs, tant de sots.

Tant et tant de lèvres fanées!

Quatre mots!... Voilà si longtemps!

Qu'en peut-il demeurer encore Quand tout change, tout s'évapore D'un printemps à l'autre printemps Et d'une aurore à l'autre aurore?

Étonnement et murmure général.

SIMON

Quel langage!

OLIVIER

Douteriez-vous Qu'au moment de se mettre en route La Sainte ait dit...

PREMIER ÉTUDIANT

Un pareil doute Venant de vous, nous trouble tous...

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