‹ La douleurChapitre 8 sur 53 · XIV PREFACE · texte numérisé non relu

XIV PREFACE

jeter après dans la torpeur (i). Un jour elle succomhe, affaiblie par le manque de ses vrais aliments, c'est-à-dire des grâces qui accompagnent ou suscitent les actes che:{ l'homme. Ces lectures ont produit ce ramollissement du cœur qu'on remarque che^ les personnes, de plus enplus nombreuses, qui ne savent plus rien supporter. Comment alors s'arranger de la vie, plus que jamais remplie de revers de fortune, de souffrances intérieures, de maladies sans fin, de peines domestiques sans nombre? De là une source nouvelle de suicides, jointe à celles qu'avaient ouvertes la paresse, la misère et le scepticisme.

Se voir dans la lumière, sentir battre son cœur, tenir ce beau présent de Dieu, la vie! et, parce qu'on y trouve un soupir, la rejeter de colère à la

mort briser la tige oii va paraître un fruit

d'éternel amour et de félicité. Cette odieuse frénésie, devenue le forfait du jour, n'indique-t-elle pas ce dépérissement des cœurs qui, à force d'ignorance et de lâcheté, tombent dans la dernière crise d'un idiotisme absolu?

(i) Et ce livre, à son tour, serait un endormmr, s'il ne venait pour dissiper quelques nuages et nous inviter à l'action.

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