‹ La douleurChapitre 9 sur 53 · PREFACE XV · texte numérisé non relu

PREFACE XV

Ce paupérisme moral, tout aussi effrayatii que Vautre, découle comme lui d'une pénurie de Foi. Et pendant qu'il désole toute une série d'âmes, n'en voit-on pas une autre tristement amoindrie par l'égoïsme, la froideur, la cupidité, la frivolité et le manque d'honneur? Lorsque Dieu n'est plus là, où est l'homme? faut-il s'étonner, dans ce cas, de voir accourir à la fois la bassesse, les crimes et les douleurs? Et si aucune puissance ne peut séparer notre âme de Dieu, dans quelle torture inexplicable doit tomber celle-ci, quand c'est d'elle-même qu'elle s'en arrache?

On sait toute notre tristesse et toute notre misère quand on a dit que l'homme a perdu Jésus-Christ. De même qu'on a montré à l'homme tous les remèdes quand on lui a dit qu'il ne retrouvera l'allégresse intérieure qu'en retournant à Jésus-Christ. Or, avec l'allégresse, l'homme retrouverait la grandeur : comment nier qu'en Europe la décadence des peuples date du jour oit a commencé celle des âmes par l'affaiblissement de la Foi?

Nous sommes donc plus malheureux, non pas uniqitement parce que les caractères, les coutumes, les lois, les sentiments, l'état économique conspirent

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