CHAPITRE HI
CLASSIFICATION DES FAÏTS
Après avoir recueilli les faits douloureux du mal verlébral, après leur avoir donné une interprétation pathogénique, nous croyons qu'il convient de leur attribuer une classification.
Les aspects de l’algie Pottique sont extrêmement nombreux. C'est dans le cadre du segment rachidien que nous avons mené jusqu'ici nos recherches. Ces aspects dépendent, en réalité, de deux facteurs essentiels
l’étage rachidien en cause,
les tissus atteints.
Il va de soi que l'étage rachidien en cause confère au mal une physionomie particulière. En cela, la douleur obéit aux lois physio-pathologiques du Mal de Pott, qui font que les douleurs statiques et dynamiques du rachis, le contenu du canal médullaire, la topographie des racines nerveuses, donnent à chaque étage un lableau pathologique qui mérite d’être isolé.
Si cela est vrai au point de vue clinique, il semble cependant que les lois de la douleur suivent des règles plus générales, qui sont celles de la sensibilité, et que ces règles soient retrouvées d'une façon constante, quel que soit le segment rachidien intéressé.
Nous ne discuterons pas ici les hypothèses de l’origine el des conditions de la douleur. Avec Leriche et certains auteurs contemporains, nous dirons seulement que nous ne croyons pas à la spécificité des organes récepteurs de la douleur.
Nous pensons cependant que chaque tissu a une modalité affective différente, qui tient, soit à sa structure, soit à son mode d'innervation, soit à l anature de cette innervation.
Cette spécificité de l’affectivité tissulaire avait été pressentie par les Allemands qui déerivirent la douleur profonde « Dumpf- Schmerz », et la douleur superfcielle « Hell-Schmerz ». Elle a
été reprise récemment par les Anglais Thomas Lewis et Kellgren. Ces auteurs considèrent que la qualité, la topographie, lacuité même de la douleur, dépendent du tissu atteint, quel que soit Ie stimulus. Celui-ci n'interviendrait, dans une certaine mesure, que comme agent d'intensité.
Ce principe de la douleur rejoint donc la loi de l'énergie spécifique des sensations, formulée en 1826, par J. Muller
— Le même. système sensoriel, excité par des excilants différents produit la même sensation.
—— Le même excitant, porté sur des systèmes sensoriels différents, produit des sentions différentes.
Mais ce principe refuse de voir, dans la structure tissulaire, des organes adaptés à la réception affective. 11 considère la douleur comme résultat d’une sensation anormalement intense.
Kellgren écrivait récemment encore
« The quality of pain provoked from somatic structures depends more than upon the structures stimulated than upon {he nature of the stimulus ».
C'est pourquoi nous nous sommes efforcés de reconnaître aux algies Pottiques une détermination tissulaire. Nous les avons classées en algies musculaires, nerveuses, articulaires osseuses, cutanées et viscérales.