I. — Les myalgies Pottiques
Les myalgies Pottiques réalisent la manifestation douloureuse de beaucoup la plus fréquente. Nous l'avons observé dans 80 %, des cas. Elles sont également les plus fréquentes des douleurs Pottiques. Elles sont l’algie d'alarme ; leur évolution est strictement parallèle à la contracture. Elles semblent directement en rapport avec elle. Elles cèdent au repos, à la chaleur, aux injections novocainées intra-musculaires. Elles sont exagérées par la fatigue et par Peffort ; elles sont réveillées par le mouvement. Elles siègent sur l'étendue du muscle, lorsqu'elles sont intense. Mais le maximum de la douleur, le point qui la réveille au début, lorsqu'elle est peu marquée correspond à l’union
des portions musculaires et tendineuses du muscle et au tendon lui-même.
Ce fait est important, car, c’est dans le tendon et aux intersections tendino-musculeuses que se trouve le plus grand nombre des organes sensitifs musculaires. Sans entrer dans le détail de l’hislophysiologie de ce dispositif, admirablement étudiée par Regaud, nous pouvons donner les conclusions auxquelles cet auteur aboulit.
La prédominance de l’innervation sensitive est indiscutablement tendino-aponévrotique. Elle est assurée par des corpuscuies de Ruffini. Mais ce sont des organes neuro-tendineux de Golgi ou dispositifs épiténaux qui caractérisent l’innervation tendiueuse. Ils sont orientés dans le sens des fibres tout près du corps muscuiaire ; leur fonction mesurerait l'effort développé. C'est dire leur importance dans l’algie de contracture.
Les fuseaux neuro-musculaires ou dispositifs épimysiaux, situés du côté charnu de l’aponévrose d'insertion, sont spécifiques de l’innervation de la fibre striée. Ils mesureraient la force, le degré de la contraction. Corpuscules épiténaux, épimysiaux, relèveraient de sensations non identiques, mais du même genre. Les fuseaux seraient des systolesthésiomètres. Les corpuscules de Gorgi, des dynamomètres de la contraction (REGUND).
Queles que soient ces vues un peu théoriques et un peu hypothéliques de l’innervation sensitive des muscles, il n’en reste pas moins vrai que c’est le tendon et les parties juxta-tendineuses qui sont les plus richement innervés, Ceci explique le maximum de la sensibilité douloureuse du muscle au niveau de son tendon. Et c’est là qu'un muscle extériorise sa douleur ; c'est là qu'elle est reportée, « refferred », dit Thomas Lewis.
Le Mal de Pott lombaire donne des myalgies qui atteignent trois groupes musculaires
Les masses sacro-lombaires, le plus souvent, (18 fois sur 23).
Le psoas.
Les muscles de la sangle abdominale plus rarement.
La lombalgie caractérise la douleur des masses sacro-lombaires.
Elle siège dans les goultières laléro-rachidiennes. mais elle est plus marquée aux points d'insertion des masses sacro-lombaires, dans l'angle des épines iliaques postérieures, sur la face postérieure du sacrum. C'est là qu’on doit réveiller la douleur au stade le plus frustre d’une contracture douloureuse. Elle est décelée par deux manœuvres : le palper de l'insertion musculaire dans les contractures légères, le pincement des masses sacro-lombaires contracturées. Ces deux manœuvres sont douloureues.
. La douleur crurale caractérise la contracture douloureuse du ps0as.
Elle siège dans le pli de l’aine et parallèlement à lui. Elle est réveillée par le palper de la partie antéro-interne de a racine de la cuisse, dans l'extension, abduction du membre.
La douleur en ceinture, par contraciure douloureuse des sangles abdominales, siège dans le flane, sous les côles : mais elle est Maximum en arrière aux points d'insertion des aponévroses de la sangle, au bord externe des masses sacro-lombaires. Elle s'atténue en avant. |
. Elle est réveillée par la manœuvre du pincement du flanc où l’on sent le musele contracturé. Telle est la pathologie des haubans musculaires, particulièrement contracturés dans le Polt lombaire.
Le Mal de Pott dorsal donne des myalgies qui atteignent les muscles des gouttières latéro-vertébrales, et que nous avons appelées dorsalgies. Elles sont relativement moins fréquentes que les lombalgies : deux cas sur six.
Mais nous avons retenu surtout le fait qu'elles peuvent agir soit vers le bas, soit vers le haut, à partir du sommet de la cyphose dorsale, résultant d'une contracture qui agit dans le sens de la statique vertébrale.
Le mal de Pott cervical donne des torticolis. Les torticolis cervicaux réalisent trois {ypes de myalgies
le torticolis trapézien
le Lorticolis sterno-mastoïdien
le torticolis postérieur des muscles de la nuque.
Le lorticolis trapézien est caractérisé par son siège cervicoscapulaire-postérieur ; et par ses deux points douloureux à ses insertions occipitales et acromiales, Le pincement du bord supero-externe du musele réveille une douleur particulièrement désagréable. ,
Le torticolis sterno-mastoïdien donne une algie mastoidienne retro-orieulaire et sous-angulo-maxillaire, Le pincement de l'insertion tendineuse mastoïdienne du muscle est très doulou: l'eUx.
Le torticolis des muscles postérieurs de la nuque donne une douleur des gouttières latéro-cervicales. T1 se prolonge jusqu'aux insertions les plus basses du splenius et du complexus, qui atleigneni les 5° et 6° vertèbres dorsales. Leurs insertions basses et nuquales sont les plus douloureuses.
Les myalgies Pottiques réalisent donc le symptôme affectif le plus fréquent du Mal vertébral. Son importance est fonction de la mobilité du segment rachidien atteint.
Il. — Les névraigies Pottiques
Nous désignons sous ce terme, bien qu’il prête à confusion, toutes les algies d’origine nerveuse.
Elle réalise trois types de douleurs qui rejoignent la description, devenue classique, du syndrôme médullaire. Ce sont :
Les douleurs radiculo-funiculaires,
les sympatholgies ;
les douleurs cordonales.
Ces manifestations subissent des variations d'ordre topographique suivant le métamère médullaire atteint. Mais à chaque segment rachidien, elles conservent leur allure générale qui permet de les reconnaître.
Les douleurs radiculo-funiculaires se caractérisent essentiellement par leur topographie. Elles atteignent des radicules en rapport avec le foyer infectieux. Le plus souvent, elles s’accompa-
gnent de douleurs aux émergences nerveuses el à l'élongation des nerfs. L'exagération par la toux el l'éternuement est sans valeur. Leur bilatéralité n’est pas particulièrement constante au cours du mal verlébral. Leur lonalité affective est variable ; parfois, elles sont continues, comme chroniques ; parfois elles s'exagèrent en crises névralgiques très pénibles sur un fond d’endolorissement permanent. Ces crises apparaissent à horaire fixe, durent un temps variable, et se calment peu à peu. Ce dernier phénomène nous à paru en rapport avec un processus évolutif plus sévère.
. L'étiologie de ces algies relève au premier chef du trou de conjugaison, des poussées congestives, re la stase circulatoire dont il peut être le siège (Sicard et Forestier).
Au cours du Pott lombaire, ces douleurs radiculo-funiculaires intéressent le m embernieéfri
res intéressent le membre inférieur, sous forme de : sciatique, méralgie, de crurite. Parfois, les Potts de la 11° dorsale peuvent donner une douleur en ceinture basse, dont le siège correspond au segment intéressé.
Au cours du Pott dorsal, ces algies revêtent l'aspect de névralgies intercostales. Elles y acquièrent une certaine importance en raison de la discrétion des phénomènes myalgiques. Les points douloureux ,parfois hyperesthésiques, à l'émergence des nerfs intercostaux nous ont semblé constante. Dans certains cas, ils ont existé en l'absence de toute topoalgie intercostale. Cette algie des dermalômes a la même valeur sémiotique, à condition d'être reconnue et authentifiée.
Au cours des Potts cervicaux, ces mêmes névralgies radiculofuniculaires revêlent l'aspect cervico-brachial, en rapport avec le segment atteint. Les plus basses se propagent dans le membre supérieur, les plus hautes restent cervico-scapulaires. Au cours du mal sous-occipital, elles peuvent donner une névralgie du nerf d'Arnol : c’est là un fait classique que nous n'avons pas eu la chance d'observer.
Les sympalhalgies peuvent siéger aux membres supérieurs
ou aux membres inférieurs, suivant le segment rachidien atteint. ou paralytiques. Au cours des compressions dorsales, à partir du iles accompagnent le plus souvent des phénomènes parétiques 1° segment, elles peuvent intéresser les membres supérieurs. Ce shénomène suslésionnel, décrit par Barré, a été observé par nous au cours du Mal de Pott. Ces sympathalgies ont une qualité affective modérée ; elles se traduisent par des fourmillements, des sensations dysesthésiques et des troubles sudoraux (Vulpian).
Les douleurs cordonales sont caractérisées par leur très grande intensité. Ce sont des douleurs fulgurantes, en éclair. Sponianées ou provoquées par un choc, elles durent quelques secondes, immobilisent sur place. « Je croyais mourir de douleur », disait une malade. Elles sont l'expression même de la douleur médullaire. Leur topagraphie est souvent difficile à préciser. Elles prennent naïssance dans le rachis, se propagent d’un coup dans un membre, bras ou jambe, suivant le côté ou le segment atteint.
Elles sont le plus souvent unilatérales. Ce sont les douleurs que le Poltique redoute le plus.
HI. — Les pseudo-névralgies
Du fait même de leur caractère, ces douleurs auraient été jressenties par les Anciens Auteurs, comme relevant d'’étiologie très particulières, qui ne méritait pas le cadre des algies nerveuses. Ulles n’ont ni l'aspect des douleurs radiculo-funiculaires, ni celui des myalgies.
Ces douleurs sont continues, permanentes, ne se topographient pas, dans un territoire nerveux, mais plutôt à la hauteur d’une certèbre ou d’un disque atteint.
Elles sont ponjonciives, constrictives : c’est Ià leur caractère capital. Elles sont permanentes, égales à elles-mêmes. Elles ne s’accompagnent d’aucunes manifestations objectives, d’aucun point douloureux. Leur maximum est postérieur, leur irradiation antérieure reste imprécise ; c’est plutôt une affectivité d’irradiation. Mais ce qui les caractérisent surtout c’est cette notion de cerrement, de poids, de barre pesante, de constriction. Nous les avons noées dans les trois segments rachidiens. Nous les consi-
dérons comme d'ordre ostéo-articulaire ou, {out au moins, csinme relevant de l’innervation amyélinique des vertèbres el des ligaments rachidiens, ou sympathique prévertébral, et du nerf nertsinu vertébral.