INTRODUCTION
Parmi les affections qui touchent à la fois à la gynécologie et à l’obstétrique, il n’en est peut-être pas de plus attachante que la grossesse extra-utérine.
Son étiologie obscure, sa symptomatologie souvent vague, les dangers qu'elle fait courir aux femmes qui en sont atteintes la placent toujours au premier rang des questions qui attirent l’altention des praticiens et font partie des problèmes les plus angoissants de la clinique courante.
Ces dangers sont d'autant plus grands que les accidents:-se produisent ordinairement au début de la gestation, à une époque où le diagnostic de grossesse n’a souvent pas encore été porté.
Si nous lisons les traités classiques et les monographies consacrées à celte question, nous voyons que chez une femme en pleine santé apparente, — le plus souvent elle n’a qu’un retard de règles, parfois accompagné. de quelques phénomènes sympathiques de la grossesse — éclate tout d’un coup une douleur violente comparée à un coup de poignard et siégeant dans une des fosses iliaques. Cette douleur s'accompagne des signes classiques de l’hémorragie interne : pâleur, décoloration des muqueuses, pouls rapide, tendance à la syncope, refroidissement des extrémités, ete.
Enr
L'utérus est parfois le siège de contractions qui aboutissent à l’expulsion de quelques caillots de sang plus ou moins noirâtres, accompagnés d’une caduque. Tous ces symptômes sont bien connus. Lorsque, dans un cas bien'observé, facile à suivre, ils existent réunis comme un faisceau de preuves, le diagnostic de grossesse extra-utérine, et de rupture tubaire est relativement aisé à faire. En revanche quelles difficultés ne nous attendent pas, quand — chose fréquente — toute ou partie de celte symptomatologie fait défaut !
lei c’est l'absence de tout retard dans les règles, là c'est l'ignorance de tout état gravidique ; chez telle femme les métrorragies succèdent ou non à des douleurs utérines. Chez telle autre c’est le tableau de la fausse couche classique ; tantôt on découvre une tumeur annexielle, pouvant faire songer à une annexité banale, tantôt il est impossible de trouver une réaction annexielle quelconque. Chez cette femme on se trouve en présence d’un état tellement voisin de la normale que toute-idée de grossesse ectopique est bannie ; chez cette autre le tableau a une allure tellement particulière qu’on songe davantage à une torsion de kyste de l’ovaire, à une crise hépatique ou néphrétique qu'à la rupture tubaire.…
Dans une affection aussi protéiforme et pour laquelle tout retard dans le diagnostic est d’une haute gravité, chaque élément de clarté est de la plus grande
importance. Toute hésitation dans le diagnostic est
un retard dans la thérapeutique, et tout retard dans la décision peut amener une issue fatale pour la femme qui en est la victime.
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io
Il n’est pas de «petit signe » sans valeur dans une telle affection. Tout est indice précieux qui signale et souligne à nos yeux la greffe anormale, la rupture imminente, ou l’hémorragie qui progresse sournoisement. ‘
C'est précisément dans le but d'apporter une contribution au diagnostic aussi précoce que possible de la rupture de la grossesse tubaire que nous avons tenu à mettre en évidence dans notre thèse inaugurale le «signe de la douleur tardive élevée ».
Dans un travail récent intitulé: «Considérations sur le signe de Laffont dans la grossesse extra-utérine rompue. » Virgil Ionescu, de Bucarest, apportait une petite statistique personnelle sur un signe qu'avait décrit un auteur français, Laffont, quelques années auparavant.
Il nous a paru intéressant d'approfondir et d’étudier à notre tour ce signe nouveau. .
Notre travail comprendra successivement dans un cadre classique: une mise au point chronologique, un aperçu sur la douleur en général dans la grossesse tubaire et un chapitre d'interprétation et d’étiologie.
Nous montrerons enfin par nos observations et par nos conclusions la place que nous croyons devoir donner à ce nouveau signe de rupture tubaire et l’importance qu’il est permis de lui attribuer en clinique.
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de 7 DÉFINITION AÇRS -
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© Laffont appelle «douleur tardive élevée» l'appari- Lx tion, au cours d’une rupture tubaire, d’un point dou-
loureux localisé dans la zone thoracique, scapulaire, Z 2 ef même cervico- -brachiale. | IE ; 4 Cette douleur est dite «tardive » parce qu'elle se ire As
manifeste dans les minut dans les heures, voire dans re les jours qui suivent la ruplure tubaire.
Elle est complètement indépendante de la douleur L # due à la déchirure de la trompe. Elle serait la mani- LEE festation d’un réflexe viscéro-sensitif déclanché par 23e 3 DS PES , x 2 " es une irritation péritonéale due à l’épanchement san- LL & L re . i . 3 < . LT . vs j+ -— guin. Elle serait enfin un des signes pathognomoni- es ques de l’hémorragie qui continue à envahir-a cavité = Ye :PÉHOnÉaIe. re Le É ; X e , se # = <£ de FE 2 1 u A + ”