CHAPITRE QUINZIÈME
étoient, enfin quelle destination vous voulcs en faire. Je ne désire plus que d'en avoir un que je puisse porter sur raoy et qui ne me quitte jamais. Venés donc, cher amour, passer douze jours ici, venés dîner chez moi, avec qui vous choisirez ; venés me procurer quelques instants de bonheur, il n'en est plus qu'avec vous; répondés-moi sur tout ce que je vous demande ; venés voir un mortel qui vous aime au-delà de tout, par-dessus tout, jusqu'au dernier moment de sa vie : je baise mille fois le portrait de la plus charmante des femmes qu'il y ait au monde et dont le cœur si bon et si noble mérite un attachement éternel (1). »
(1) Tribunaux révolutionnaires, dossier de la du Barry. Archives nationales, W 16.
Arrestation définitive de madame du Barry. — Elle est déposée à Sainte-Pélagie. — L'anecdote relative à madame de Mortemart. — Héron dénonçant les Vandenyver, les banquiers de l'ancienne favorite. — Les annotations de Greive sur les papiers saisis. — La rédaction par Greive des chefs d'accusation. — Interrogatoire à huisclos de la du Barry. — La liste des témoins tiécessaires dressée par Greive. — Déposition de Blache. — Transfert de l'accusée à la Conciergerie.
Une nouvelle pétition avait été rédigée par Greive, signée par les membres du comité de Versailles et remise au comité de sûreté générale, qui autorisait cette fois le comité de Versailles à user pour le bien public des pouvoirs qui lui étaient confiés, et déclarait que les autorités constituées seraient responsables des obstacles qui pourraient être opposés à l'exécution desdits décrets. Alors Greive parvenait à se procurer un état des sommes payées pour le compte de madame du Barry par Beaujon et dressé par Montvallier, l'intendant de madame du Barry, état montant à six millions (1); et armé de cette pièce, armé
(1) État des sommes payées pour le compte de la comtesse Dubarry par M. Beaujon pendant qu'elle était en faveur à la cour de France.
15 juillet 1774.