‹ La Du BarryChapitre 121 sur 154 · CHAPITRE SEIZIEME · texte numérisé non relu

CHAPITRE SEIZIEME

avait déjà passé deux mois, jour pour jour, était interrogée à une heure de relevée en l'une des salles de l'auditoire du Palais par Dumas, vice-président du tribunal révolutionnaire, en présence de Fouquier- Tinville,

Madame du Barry déclarait dans cet interrogatoire que les sommes dépensées par elle lui étaient fournies sur des ordres particuliers que Louis XV donnait pour chaque payement, et que Beaujon, qui en avait reçu l'ordre de Bertin, était le seul qui lui avait fait des payements sur des bons signés d'elle.

Elle ne se cachait pas d'avoir influencé et déterminé le Roi dans les nominations qu'il avait faites ; elle reconnaissait avoir sollicité des pensions et des gratifications pour ses protégés.

Elle affirmait n'avoir eu d'autre rapport avec Louis XVI que le suivant : devant, à la mort de Louis XV, une somme de 2,700,000 livres, elle avait fait au Roi la demande de payer sa dette ; en 1782, elle avait sollicité pour que des contrats de rentes, à elle appartenant, lui fussent échangés contre des espèces jusqu'à concurrence d'un million ; ce qui, avec le produit d'une partie des bijoux, vaisselle et tableaux qu'elle avait vendus au Roi, lui avait permis de payer le plus grand nombre de ses créanciers et de réduire sa dette à 230,000 livres.

Elle disait ne pouvoir évaluer sa fortune mobilière, mais estimer à près de 150,000 livres les diamants qu'on lui avait volés en 1791, diamants qui n'étaient

qu'une partie de ceux qu'elle possédait; et elle avouait posséder 90,000 livres de rentes viagères sur l'Hôtel de ville qu'elle devait aux largesses de Louis XV.

Elle avouait avoir donné une chambre dans sa maison, du mois de juin au mois de septembre 1792, à Laroche-Fontenille, prêtre émigré.

Elle disait avoir reçu une seule lettre de madame de Galonné, à laquelle elle n'avait pas répondu.

Elle donnait les dates de ses quatre voyages en Angleterre.

Elle se défendait de l'accusation d'émigration, « étant partie pour affaire et munie de passe-ports en règle » .

Elle reconnaissait avoir vu à Londres M. de Grussol et sa femme, le prince de Poix, M. et M"*^ de Galonné, et Frondeville, ci-devant président du parlement de Rouen.

Elle ne niait pas avoir remis à Frondeville vingtdeux guinées, mais ajoutait que c'était pour jouer pour elle et que Frondeville les lui avait remises dans les vingt-quatre heures.

Elle déclarait que l'argent de ses voyages à Londres lui avait été fourni par Vandenyver, son banquier.

Elle avouait le prêt de 200,000 francs à Rohan- Ghabot moyennant la constitution de 9,000 livres de rente, mais elle niait le prêt au ci-devant évêque de Rouen, qu'elle affirmait ne point connaître.

Elle répétait enfin qu'elle avait reçu quelques let-

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